Et si la création de la plateforme de Joseph Kabila tentait de remettre les compteurs à zéro ?
Africaeyesn 13 octobre 2026 0 Comments 54 Views Le rapport de l’ONU avait annoncé ce qui se dessine aujourd’hui. Le 11 juin 2026, dans son rapport, le Groupe d’experts des Nations unies évoquait, au paragraphe 58, une possible restructuration de la direction de l’AFC/M23, accompagnée d’un éventuel changement de nom.Un paragraphe plus loin, les experts soulignent que la mise en avant de Joseph […] Share This Article: Le rapport de l’ONU avait annoncé ce qui se dessine aujourd’hui. Le 11 juin 2026, dans son rapport, le Groupe d’experts des Nations unies évoquait, au paragraphe 58, une possible restructuration de la direction de l’AFC/M23, accompagnée d’un éventuel changement de nom. Un paragraphe plus loin, les experts soulignent que la mise en avant de Joseph Kabila pourrait contribuer à présenter le mouvement comme une initiative nouvelle et essentiellement congolaise visant à éclipser le rôle du Rwanda. 12 octobre 2026 à Goma, l’annonce du Front pour la refondation de la Nation, dirigé par Joseph Kabila, vient confirmer ce qui était jadis rangé au chapitre de simples appréhensions. Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil. À l’instar de la mue opérée de l’AFDL, RCD, CNDP au M23. Mais est-ce pareil sur le plan juridique ? En tout cas, plusieurs situations se présentent aujourd’hui avec la disparition annoncée de l’AFC-M23. D’abord les négociations que Kinshasa entretenait à Doha avec le mouvement rebelle deviennent ipso facto caduques et donc sans objet. Le Dialogue national annoncé inclusif prend lui aussi un petit coup. Si pour Kinshasa, ceux qui ont pris les armes ne peuvent se prévaloir de participer aux assises, la création de la nouvelle plateforme voulue politico-militaire n’est pas non plus suffisante pour y échapper. Déjà, pour le Président Félix-Antoine Tshisekedi, il ne s’agissait que d’un secret de polichinelle. Depuis longtemps en effet, le chef de l’État congolais ne cessait d’avertir que pour lui, il ne fait aucun doute que Joseph Kabila est le patron de l’AFC-M23. Là, les masques viennent de tomber, qui dissipent tout doute. Défections en cascade dans les rangs du parti de Joseph Kabila Mais c’est au cœur de son ancien parti politique, le PPRD, que le séisme est plus violent, et où certains refusent à raison d’assumer un héritage entaché du sang des Congolais, qu’endossent tous ceux qui se sont rapprochés de Kigali, soutien militaire des groupes armés qui endeuillent l’Est de la République démocratique du Congo depuis trois décennies, avec le bilan le plus lourd depuis la 2ème Guerre mondiale : 10 millions de morts. En effet, plusieurs cadres ont opté de déserter ce bateau qui tangue d’ailleurs depuis qu’il n’y a plus aucun capitaine à bord. Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains, dit choisir l’opposition à « mains nues » et tourne le dos à Kabila. Dans un message publié sur son compte X dans la nuit de lundi à mardi 13 octobre 2026, elle annonce prendre ses « distances avec Joseph Kabila, au lendemain de sa désignation à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), issu de l’AFC/M23 », affirmant « refuser la voie armée qu’il a choisie », à laquelle elle assure n’être liée « ni de près ni de loin ». Le PPRD n’a pas cessé de se fissurer après le virage de Kabila, car d’autres cadres dont Patrick Nkanga, India Omari et Allegra Ngalula viennent également de claquer la porte. Premier à dégainer, Patrick Nkanga, rapporteur du Bureau politique et centre névralgique de ce parti à Kinshasa, a annoncé quitter la formation politique cher à Joseph Kabila. Il en est de même d’India Omari, l’un des rares cadres à encore porter l’écharpe du PPRD dans les manifestations de l’opposition. « Parfois, la fidélité à ses convictions impose de se dissocier de certaines orientations et de prendre du recul lorsqu’elles s’éloignent de nos principes. Mon engagement demeure pacifique, dans le respect de la Constitution de mon pays et des valeurs démocratiques », a-t-il assuré sur X. La saignée s’est poursuivie avec la défection depuis la France d’Allegra Fosh Ngalula, aux termes de sa « lettre de démission et de désolidarisation » parvenue à la presse le 12 octobre 2026, dans laquelle elle exprime sa « désolidarisation de toute initiative visant à perturber la paix, à déstabiliser les institutions ou à compromettre la sécurité de la population en République démocratique du Congo ». Désapprobation au-delà du parti De son côté, l’acteur politique Alain Bolodjwa, au nom de LeBât et de la Génération Rupture, n’y est pas allé par quatre chemins. « Notre opposition ne signifie nullement que nous devons soutenir tous ceux qui prennent les armes pour conquérir le pouvoir. On ne peut pas prétendre défendre le peuple tout en faisant de la conquête du pouvoir par les armes un moyen d’action politique ». Et ce ne sont là que les réactions des premières minutes, qui laissent présager un large mouvement de foule, après la bombe lancée par la création du mouvement politico-militaire Front pour la Refondation de la Nation, en remplacement de l’AFC/M23, avec Joseph Kabila à sa tête, Bertrand Bisimwa comme 1er vice-président, Corneille Nangaa comme 2ème et le général Sultani Makenga chef d’état-major avec rang de vice-président. Une atmosphère d’enterrement qui rappelle la disparition du MPR de feu le Maréchal Mobutu, tant la ligne de démarcation semble nette avec ceux qui estiment que « les principes ne se négocient pas au gré des ambitions politiques ». Cornelis Nlandu