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Qui rédige les discours sans saveur de «Joseph Kabila» ?

Congo Independant · B.A.W. · 10 octobre 2026 · Source originale

Comme en mars 2025, l’ancien président congolais « a lu », vendredi 9 octobre, son «adresse à la nation». Une allocution annoncée comme un oracle. Le coup est raté ! Croyant dépeindre les huit années de pouvoir de son successeur, l’ex-raïs s’est mis paradoxalement à décrire les errements de son propre régime. Un régime caractérisé non seulement par la tyrannie et la barbarie mais aussi par la vassalisation de la RDC au Rwanda de Kagame. Durant dix-huit ans. «Kabila» et sa fratrie se croyaient propriétaires de l’ex-Zaïre. Attardons-nous sur quelques points de son discours. Pas un mot sur l’agression rwandaise. En novembre 2021, le satrape rwandais Paul Kagame a déployé ses troupes dans les provinces du Nord et du Sud Kivu sans qu’il y ait eu provocation. Motif fallacieux invoqué : « mesures défensives » contre les miliciens Hutu, les fameux FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). En droit international, cet acte a un nom : agression. Nombreux sont les Congolais qui espéraient entendre « Kabila » dénoncer cette attaque rwandaise. Celui-ci est resté muet. Ce n’est pas la première fois. Lors de la première apparition du M23 en mai 2012, le fils putatif de Mzee est resté impassible durant près de trois mois avant de convoquer un point de presse. Les journalistes furent triés sur le volet. Histoire d’éviter les questions qui tuent. Du genre : comment a-t-il pu garder le mutisme pendant que les « mutins » du M23 engrangeaient des localités ? Pour toute réponse : « Nous avons perdu la bataille et non la guerre ». Le non-respect du cessez-le-feu. L’ancien Président fait le jeu de son parrain Kagamé. Comment peut-il reprocher aux gouvernants congolais de ne pas respecter le cessez-le-feu alors que les FARDC n’ont jamais franchi la frontière du Rwanda. Et que ce sont les soldats rwandais qui sont déployés sur le sol congolais. « Joseph Kabila » met à nu sa complicité avec Kagame, le concepteur de M23. Le M23 qui se prévaut de l’Accord dit de paix signé le 23 mars 2009 entre le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) de Laurent Nkunda et le gouvernement de « Joseph Kabila ». Au point 7 de ladite convention, les parties signataires recommandent de déclarer les deux provinces du Kivu « Zones sinistrées ». C’est cela, les « causes profondes » de la crise que claironne Kagame et les religieux de la Cenco et de l’Ecc. Une armée républicaine et professionnelle. Dans son discours, « Kabila » a prétendu avoir laissé à Felix Tshisekedi Tshilombo une « armée républicaine et professionnelle ». Faux ! L’ancien Président qui disposait d’une garde prétorienne de quinze mille hommes, la fameuse « Garde républicaine » basée au Camp Tshatshi, ne s’est jamais soucié de l’armée régulière. Les experts sont formels : « Joseph Kabila » n’a jamais eu la volonté politique de réformer l’armée telle que préconiser par l’Accord-cadre d’Addis Abeba du 24 février 2013. Il n’a jamais voulu doter la RDC d’une armée indépendante de lui. A savoir : une armée avec des hommes nouveaux, bien équipés, bien nourris et bien encadrés. Une démocratie en constante consolidation. «Kabila» raconte des histoires. Il sait parfaitement qu’il n’a jamais remporté un seul scrutin. C’est le cas de l’élection présidentielle de 2006 face à Jean-Pierre Bemba Gombo. C’est le président de la Commission électorale d’alors, Abbé Apollinaire Malumalu, qui l’affirme dans un mail adressé à la « communauté internationale ». Malumalu qui craignait pour sa vie, a fini par demander le financement d’un second tour de la présidentielle au mois d’octobre. La suite est connue. Dans le pur style du Front patriotique rwandais, « Kabila » va tenter d’éliminer physiquement son ex-challenger JPB qui « a accepté l’inacceptable ». « Kabila » n’avait pas gagné non plus l’élection présidentielle face à l’opposant historique Etienne Tshisekedi wa Mulumba en novembre 2011. Sous-secrétaire américain aux Affaires africaines, Johnny Carson l’avait confié à quelques tshisekedistes qui se reconnaitront. C’est le cas notamment d’Albert Moleka et de Tharcisse Loseke. La démocratie n’étant nullement en « constante consolidation » sous l’ex-raïs. Bien au contraire. Le Cardinal Laurent Monsengwo comparait la RDC à un prison en plein air. Le Congo, une propriété privée. En septembre 2016, Zoé « Kabila » est sorti de son silence assourdissant en accordant un entretien – par procuration –  à l’hebdomadaire « Jeune Afrique ». « Monsieur frère » qui s’exprimait en Swahili tanzanien était assisté d’un interprète. Pour lui, la fratrie n’entendait nullement céder le pouvoir à n’importe qui. A l’époque, le second mandat de son frangin devait expirer le 19 décembre 2016. Par un jeu de passe-passe, « Joseph Kabila » s’est octroyé deux années supplémentaires de pouvoir. Que dire du fameux « compromis à l’Africaine » lors de l’élection présidentielle de 2018? D’aucuns ont qualifié l’accession de « Fatshi » au pouvoir comme un signe du Karma voire de la justice imanente. Tricheurs impénitents, « Kabila » et son complice Corneille Naga ont été pris dans leur propre piège, pourrait-on dire. Violation des droits humains. L’ancien Président «Kabila» est mal placé pour parler de la violation des droits humains. Depuis son départ des affaires, la RDC affiche une ambiance plutôt libérale. Certes, l’ex-Zaïre n’est devenu la Suisse ou le Grand Duché de Luxembourg. Le bilan de l’ancien régime est trop sombre pour qu’on en parle. Qui oubliera que des combattants du M23 ont été recrutés en Ouganda? Mission : réprimer, en décembre 2016, les manifestants pacifiques réclamant le respect de la Constitution. Rossy Tshimanga Mukendi, Thérèse Kapangala sont des noms qui rappellent la tyrannie et la barbarie du pouvoir d’alors. La liste n’est pas exhaustive. La Constitution. Dans une interview accordée au quotidien bruxellois « La Libre Belgique » datée du 23 mars 2026, « Kabila » dit que, pour lui, « cette Constitution est sacrée ». Cette sanctification ne l’a pas empêché de faire réviser les articles 71, 110,126, 149, 197, 198, 218 et 226. Il ne s’est pas gêné de ramener à un le nombre de tour à l’élection présidentielle. C’était le 20 janvier 2011 soit 10 mois avant le scrutin présidentiel. Cette piraterie constitutionnelle ne provoqua aucune protestation dans les milieux de l’opposition. En conclusion de son speech, le « commandant Hypo », alias « Joseph Kabila » a promis de faire parler de lui dans les heures, jours et semaines à venir. Il ne nous plus qu’à attendre que le ciel nous tombe sur la tête. A contrario, « Kabila » pourrait regretter amèrement d’avoir gardé le même scribe pour ses « allocutions à la nation « . Des allocutions inodores et sans saveur. Il regrettera également d’avoir foulé au pied l’obligation de réserve qui lui incombe en tant qu’ancien Président de la République. Baudouin Amba Wetshi

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