Six millions d’élèves de plus en quatre ans : le chiffre que Suminwa a porté à l’ONU

Le chiffre est venu de la tribune des Nations unies. « Au cours de l’année scolaire 2023-2024, plus de 21 millions d’enfants fréquentaient le cycle primaire, contre quatorze millions sept-cent mille quatre ans auparavant », a déclaré la Première ministre Judith Suminwa Tuluka le 23 septembre à New York, au débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale, où elle représentait Félix Tshisekedi. Ce que disent les deux chiffres L’écart entre les deux effectifs est de 6,3 millions d’élèves en quatre ans. Le discours attribue cette progression à la mesure lancée en 2019 : « Engagée depuis 2019, la gratuité de l’enseignement primaire a permis à plus de 5 millions d’enfants supplémentaires d’accéder à l’école. » Les deux formulations ne se recouvrent pas exactement. La première compare deux années scolaires et donne 6,3 millions. La seconde attribue à la gratuité « plus de 5 millions » d’entrées supplémentaires, ce qui laisse une part de la progression à la croissance démographique. Le discours ne dit pas comment les deux chiffres ont été distingués. La bascule annoncée vers la qualité Le passage suivant est un constat. « Cette avancée quantitative doit désormais se traduire en qualité », dit la Première ministre. Elle cite la poursuite de la construction et de la réhabilitation des écoles, et le déploiement récent des cantines scolaires. « Car l’accès ne suffit pas : chaque enfant doit pouvoir apprendre dans une école sûre, inclusive, équipée et ouverte aux outils de son temps », poursuit le texte, qui nomme ensuite quatre catégories : les filles, les enfants en situation de handicap, les enfants déplacés et ceux dont la scolarité est menacée par les conflits. Le discours ne donne ni le nombre d’écoles construites ou réhabilitées, ni le nombre d’établissements couverts par les cantines scolaires, ni le montant engagé sur ce volet. La soustraction qui se joue à l’est La dernière catégorie citée renvoie à un décompte qui va en sens inverse de la courbe des inscriptions. À la rentrée, 1 131 écoles étaient fermées et 491 578 enfants se trouvaient hors du système scolaire , principalement dans les territoires affectés par les conflits. Le discours pose ailleurs la même réalité en termes généraux, lorsqu’il décrit l’est du pays : « des enfants sont recrutés ou privés d’école ». L’épidémie en cours pèse aussi sur les classes, un élève de six ans étant mort à Bunia avec dix contacts pré-listés . Le financement, dit à la même tribune Le discours chiffre les besoins globaux du pays pour les Objectifs de développement durable à plus de 70 milliards de dollars, à quatre ans de l’échéance de 2030. Il signale dans le même passage que l’aide publique au développement a reculé de plus de 23 % en termes réels en 2025, « soit la contraction annuelle la plus forte jamais enregistrée ». Sur le volet formation, la Banque mondiale a détaillé en juillet 375 millions de dollars d’appuis à la RDC, dont 300 pour la formation des jeunes . À lire aussi RDC : 1 131 écoles fermées, 491 578 enfants hors du système scolaire Banque mondiale : 375 millions de dollars annoncés pour la RDC, entre compétences et nutrition The post Six millions d’élèves de plus en quatre ans : le chiffre que Suminwa a porté à l’ONU appeared first on BETO .