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Formation professionnelle : 18 millions d’euros de l’UE pour 10 700 jeunes dans trois provinces

Beto.cd · Rédaction Kinshasa · 25 septembre 2026 · Source originale

Le deuxième comité de pilotage du projet de formation professionnelle financé par l’Union européenne s’est tenu le 23 septembre 2026 à Kinshasa, coprésidé par le ministre d’État chargé de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, et par l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Douglas Darius Carpenter. Le projet est mis en œuvre par Enabel, l’agence belge de développement, et par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel. Il vise les mines, l’agroalimentaire et l’hôtellerie-restauration à Kinshasa, au Haut-Katanga et au Lualaba. Le projet s’intitule « Uni.e.s pour l’Éducation et l’Emploi » et porte la référence COD23003 chez Enabel. Il est doté de 18 millions d’euros de l’Union européenne, dont 15,5 millions gérés par Enabel et 2,5 millions par l’ONUDI. Il court sur 48 mois, du 1er février 2025 au 1er février 2029. Il vise 10 700 jeunes de 18 à 35 ans, avec un objectif de 50 % de femmes à Kinshasa et au Haut-Katanga, 30 % au Lualaba. Trois centres de ressources sont appuyés : Lubumbashi, Kolwezi et Mosala à Kinshasa, aux côtés de l’INPP. En RDC, le chômage des 15-24 ans dépasse 35 % et l’emploi informel représente 88,6 % de l’emploi total, selon l’Organisation internationale du travail. Dix mille sept cents jeunes visés en quatre ans La fiche publique du projet donne les ordres de grandeur. L’action porte la référence COD23003 et l’intitulé « Uni.e.s pour l’Éducation et l’Emploi ». Elle est financée à 18 millions d’euros par l’Union européenne, dont 15,5 millions confiés à Enabel et 2,5 millions à l’ONUDI, au titre d’une convention de contribution signée le 20 décembre 2024. La mise en œuvre court sur quarante-huit mois, du 1er février 2025 au 1er février 2029. La cible est de 10 700 jeunes de 18 à 35 ans, en formations longues et courtes, en apprentissage et en stage, avec un objectif de parité fixé à 50 % de femmes à Kinshasa et au Haut-Katanga, et à 30 % au Lualaba. Trois centres de ressources, et l’INPP en appui Le dispositif s’appuie sur le centre de ressources de Lubumbashi, celui de Kolwezi et le centre Mosala à Kinshasa, ainsi que sur l’Institut national de préparation professionnelle, établissement public créé il y a soixante-deux ans et qui compte trente-sept entités, dont douze directions provinciales. Les filières listées dans le document de projet vont au-delà des trois secteurs annoncés : maintenance d’engins miniers, électricité industrielle, soudure et métallurgie, géologie et chimie minières, mais aussi transport routier, logistique multimodale, entreposage, transformation agroalimentaire, énergies renouvelables et numérique. La méthode : partir de l’emploi, puis construire la formation Le projet revendique une approche dite « pilotée par les opportunités », qui consiste à identifier d’abord les postes réellement offerts par les entreprises, puis à bâtir l’offre de formation correspondante. Les partenaires annoncés sont les sociétés minières et agro-industrielles des trois provinces, la Fédération des entreprises du Congo et l’Office national de l’emploi. Le quatrième axe du projet porte sur la gouvernance provinciale du système de formation professionnelle, c’est-à-dire sur la capacité des administrations locales à piloter cette offre après le départ des bailleurs. Un cadre européen qui remonte au corridor de Lobito L’action relève du programme indicatif pluriannuel de l’Union européenne pour la RDC 2021-2027, financé par l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale. Ce programme chiffrait à 424 millions d’euros la période 2021-2024, dont 169 millions, soit 40 %, pour le développement humain, catégorie qui inclut l’éducation et la formation professionnelle. Le document de projet rattache l’action au corridor de Lobito, ces 1 350 kilomètres de voie ferrée qui relient les zones minières de Kolwezi au port angolais, et dont le volet européen inclut explicitement la formation technique et professionnelle et la création d’emplois. Le président avait demandé une école dans chaque projet d’investissement La commande politique congolaise est documentée. Le 11 juillet 2025, Félix Tshisekedi a demandé d’« inciter tout investissement en République démocratique du Congo à inclure la construction et l’équipement d’un établissement moderne de formation professionnelle dans le périmètre du projet ». Il relevait le paradoxe de postes qualifiés de base, maçonnerie, carrelage, conduite d’engins, occupés par des travailleurs étrangers faute de main-d’œuvre congolaise formée. Deux autres directives suivaient : associer le ministère de la Formation professionnelle à la conception de chaque projet, et y réserver une dotation budgétaire obligatoire pour la formation. Le marché du travail que ces formations visent Les chiffres disponibles disent l’ampleur de l’écart. Selon l’Organisation internationale du travail, le chômage des 15 à 24 ans dépasse 35 %, le sous-emploi dépasse 50 % et l’emploi informel représente 88,6 % de l’emploi total. L’enseignement technique et professionnel scolarisait 1 278 157 élèves en 2018-2019, soit 23,8 % des effectifs du secondaire, contre 19 % quatre ans plus tôt. Du côté minier, la Banque mondiale estimait en 2023 que l’exploitation industrielle employait environ 120 000 personnes, quand le secteur artisanal, très majoritairement informel, en occupe entre 500 000 et un million. 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