Banque africaine de l’énergie : la RDC doit ratifier le traité et payer sa part pour être membre fondateur

La ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a reçu jeudi 24 septembre à Kinshasa une délégation de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), conduite par le président de son Conseil exécutif, Karrol Kadiata Leta. Selon le compte rendu publié par le ministère des Hydrocarbures sur son compte X, l’entretien a porté sur trois points : la participation de la République démocratique du Congo au lancement de la Banque africaine de l’énergie, des partenariats entre la Société africaine d’investissement en énergie (AEICORP) et la SONAHYDROC, et la restructuration du secrétariat général de l’organisation. Deux conditions à remplir avant le lancement Le point le plus concret du compte rendu tient en deux obligations. Pour être reconnue membre fondateur de la banque, la RDC doit ratifier le traité portant création de l’institution et verser sa contribution au capital. Le ministère écrit que ces deux gestes doivent intervenir avant le lancement officiel, qu’il dit attendu d’ici la fin de l’année. Le directeur général d’AEICORP, Zakaria Dosso, s’est dit confiant. « Aux dits de Son Excellence Madame la Ministre d’État, je reste très confiant que la RDC fera tout pour être membre fondateur de cette banque. Nous pensons qu’elle fera un paiement initial et ratifiera le traité de création », déclare-t-il dans le compte rendu du ministère. Il y décrit une banque dotée « d’un capital initial de 5 milliards de dollars », destinée à financer « à plus de 90 % le développement du secteur des hydrocarbures en Afrique », et ajoute : « Nous, Africains, devons prendre en main le destin de cette industrie vitale pour l’accès à l’énergie de nos pays. » Le communiqué ne dit pas à combien s’élève la part congolaise, ni si un premier versement a déjà été effectué, ni où en est la ratification du traité. La structure de capital rendue publique en 2024, à la création de la banque, prévoyait une souscription de 83 millions de dollars par État membre, soit environ 1,5 milliard pour les dix-huit pays de l’APPO, un montant équivalent apporté par l’APPO et Afreximbank, et 2 milliards recherchés auprès d’autres investisseurs. Ce qu’est la banque, et où en est son lancement La Banque africaine de l’énergie est une institution multilatérale créée par l’APPO et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). L’accord de création a été signé le 3 juin 2024 au Caire. Le 4 juillet suivant, la 45ᵉ session extraordinaire du Conseil des ministres de l’APPO a attribué le siège au Nigeria, devant le Ghana, l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Bénin. Le siège est à Abuja. La RDC fait partie des dix-huit États membres de l’organisation. Le lancement a été repoussé plusieurs fois. Une inauguration avait été annoncée pour septembre 2024, puis pour 2025, puis pour le 1ᵉʳ juillet 2026. En juin, le secrétaire général de l’APPO, Farid Ghezali, a indiqué à la presse spécialisée que l’objectif était désormais de rendre la banque opérationnelle en septembre 2026, en invoquant des délais administratifs incompressibles, et que les opérations de prêt n’étaient pas attendues avant la fin de l’année. Le seuil qui conditionne le démarrage n’est pas de 5 milliards de dollars mais de 500 millions. Réuni le 4 novembre 2025 à Brazzaville pour sa 48ᵉ session ordinaire, le Conseil des ministres de l’APPO a réaffirmé son engagement à lancer la banque et a demandé aux États membres de souscrire et de payer sans délai les parts qui leur sont attribuées, en rappelant cette exigence de capital minimal de 500 millions de dollars. La même session a créé deux groupes de travail ministériels, l’un chargé d’achever le processus de création de la banque sous la conduite de l’Algérien Mohamed Arkab, l’autre de superviser AEICORP sous celle du Sénégalais Birame Soulèye Diop. Du 1ᵉʳ au 3 juillet 2026, à Yamoussoukro, la 27ᵉ réunion du Conseil exécutif de l’APPO a indiqué que ce seuil était désormais dépassé et que le siège d’Abuja avait été officiellement remis. Autrement dit, le démarrage de la banque ne dépend plus du versement congolais ; c’est le statut de membre fondateur de la RDC qui en dépend. La présidence de novembre Le second volet du compte rendu concerne l’organisation elle-même. Le ministère annonce que la ministre d’État, actuellement vice-présidente de l’APPO, prendra la tête de l’organisation le 17 novembre, à la session ordinaire du Conseil des ministres, et qu’elle en deviendra la première femme présidente. Karrol Kadiata Leta le formule autrement. « C’est une journée historique avec l’audience accordée au Directeur Général d’AEICORP venus présenter les projets phares de l’APPO, notamment le lancement de la Banque Africaine de l’Énergie. Le 17 novembre, lors de la session ordinaire du Conseil des ministres, Madame la Ministre d’État va briguer le mandat de la présidence. Elle sera la toute première présidente dame à briguer la présidence de l’organisation des pays membres de l’APPO », déclare-t-il. Le ministère écrit une prise de fonction ; le président du Conseil exécutif parle d’une candidature. Les décisions déjà prises par l’organisation éclairent cette échéance. C’est la session de Brazzaville du 4 novembre 2025 qui a désigné, pour 2026, l’Ivoirien Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, à la présidence du Conseil des ministres de l’APPO, et Acacia Bandubola Mbongo à la vice-présidence. La même session a placé Karrol Kadiata Leta, membre congolais du Conseil exécutif, à la présidence de cet organe pour 2026, avec l’Égyptien Ehab Ragaee comme suppléant. La délégation reçue jeudi à Kinshasa était donc conduite par un Congolais. Une date reste à confirmer. Le ministère indique le 17 novembre. La réunion de Yamoussoukro a fixé la prochaine session du Conseil des ministres au 18 novembre à Abidjan, en marge de la deuxième édition du Salon international des ressources extractives et énergétiques. Le compte rendu du ministère ne précise ni la ville ni la durée de la session. La ministre d’État avait déjà reçu, en mai, le directeur général de Perenco pour un projet de valorisation des ressources gazières de Muanda . En août, le gouvernement accélérait l’opérationnalisation de la Zone maritime d’intérêt commun pour lancer l’exploration du bloc 14-23 , et il projette un pipeline de 332 kilomètres vers Kinshasa . Le 8 septembre, le même ministère démentait toute pénurie de carburant à Kinshasa . Le financement du secteur figure aussi à l’ordre du jour de Makutano Mining, que Kinshasa accueille du 22 au 25 novembre , trois jours après la session de l’APPO. 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