Afrique : 60 % de la population vit dans une zone couverte par Internet mobile sans l’utiliser (Rapport)

Près de six africains sur dix vivent dans une zone desservie par l’Internet mobile sans pourtant utiliser ce service. Alors que les réseaux couvrent 87 % de la population, seuls 27 % y recourent effectivement. Les 13 % restants résident hors des zones de couverture. Le principal défi numérique du continent ne se limite donc plus à la construction d’antennes ou au déploiement de la fibre optique. Le coût des forfaits, le prix des smartphones et les difficultés d’accès à l’électricité continuent d’exclure une large partie de la population. Ce constat figure dans le rapport intitulé « Telecoms Offshored : The Strategic Challenge of Satellite Internet for African Economies », publié en mai 2026 par l’Africa CEO Forum et Askya Investment Partners. Selon les données mobilisées par les auteurs, le déficit d’utilisation de l’Internet mobile atteint 65 % en Afrique subsaharienne, contre 38 % à l’échelle mondiale. Les disparités régionales restent importantes. Le taux d’adoption d’Internet s’établit à 25,8 % en Afrique de l’Est et 28 % en Afrique centrale, contre 74 % en Afrique du Nord et 77,2 % en Afrique australe. L’obstacle financier demeure déterminant. En 2024, un forfait de 2 gigaoctets représentait entre 4,2 % et 4,8 % du revenu national brut mensuel par habitant, soit plus du double du seuil international de 2 %. Le manque de compétences numériques accentue également cette exclusion. L’extension des réseaux dans les zones isolées reste coûteuse. L’exploitation d’une station mobile rurale revient, en moyenne, 35 à 40 % plus cher qu’en milieu urbain. Selon les projections de la GSMA, les opérateurs africains devraient investir 77 milliards USD dans leurs infrastructures entre 2024 et 2030. Dans ce contexte, l’Internet satellitaire, notamment Starlink, pourrait desservir rapidement les territoires éloignés, sans résoudre à lui seul les difficultés d’accessibilité financière. Le rapport souligne que ses abonnements et équipements restent hors de portée de nombreux ménages modestes. Les auteurs préconisent une complémentarité entre réseaux mobiles, fibre optique et satellites, accompagnée d’une réglementation favorisant la concurrence et les investissements locaux. L’enjeu consiste désormais à rendre Internet financièrement accessible aux populations déjà couvertes, tout en poursuivant l’extension des infrastructures vers les territoires encore isolés, expliquent-ils. Flory MUSISWA