Pont route-rail Kinshasa-Brazzaville : les travaux annoncés pour juin 2027

Les travaux du pont route-rail entre Kinshasa et Brazzaville doivent être lancés en juin 2027. La date a été annoncée le vendredi 9 octobre 2026 à la Cité de l’Union africaine, où Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a reçu une délégation du gouvernement de la République du Congo conduite par le vice-Premier ministre chargé de la Coordination des infrastructures de développement et de l’Aménagement du territoire, Jean-Jacques Bouya. L’information vient de la Présidence de la République. « Lancer les travaux en juin 2027 » La déclaration est venue du ministre des Infrastructures et Travaux publics de la République démocratique du Congo, John Banza Lunda. « Aujourd’hui, nous avons franchi une étape importante et arrêté le chronogramme qui va nous permettre de lancer les travaux en juin 2027 », a-t-il annoncé. Ce que la rencontre produit, c’est donc une date de départ, pas un coup de pioche. Vingt mois séparent l’annonce de l’échéance qu’elle fixe. Le contenu du chronogramme n’a pas été rendu public. Ni les jalons intermédiaires, ni la durée prévue du chantier, ni la date de mise en service ne sont communiqués. La Présidence rappelle les objectifs assignés au projet : faciliter la circulation des personnes et des marchandises, fluidifier les échanges entre les deux capitales et renforcer la coopération économique entre les deux États. Quatre ans d’étapes administratives avant une date Le dossier avance par actes juridiques successifs, et ils sont datables. Les deux États ont signé l’avis à manifestation d’intérêt pour la construction de l’ouvrage en juin 2022 . Un organe de suivi a été créé trois mois plus tard. Un comité de suivi et d’évaluation du projet a été installé en septembre 2022 . Le verrou fiscal a sauté cette année. Un accord bilatéral encadrant le régime fiscal, douanier et des recettes non fiscales du projet a été signé le 7 mai 2026 à Kinshasa . La séquence dessine une mécanique lente mais continue : manifestation d’intérêt, organe de suivi, cadre fiscal, puis calendrier. Il manque encore l’étape qui transforme un calendrier en chantier, c’est-à-dire le bouclage financier. Ce que le pont changerait pour deux capitales face à face Kinshasa et Brazzaville sont les deux capitales les plus proches du monde, et elles n’ont aucune liaison fixe. Tout passe aujourd’hui par le fleuve, en bac ou en embarcation. Ce passage obligatoire a un coût humain documenté. Les baléinières du fleuve Congo tuent régulièrement, faute de contrôle et d’équipement . Et la navigation elle-même reste mal sécurisée. Le balisage du fleuve Congo et de la rivière Kasaï fait l’objet d’un programme en cours . Un ouvrage route-rail déplacerait aussi la question économique. Il relierait le réseau ferroviaire congolais à celui de la rive droite et, par là, au port de Pointe-Noire, ce qui ouvrirait à Kinshasa une seconde voie vers l’Atlantique. Une annonce six jours après le tête-à-tête de Brazzaville Le calendrier diplomatique éclaire la séquence. Félix-Antoine Tshisekedi s’était rendu à Brazzaville le 3 octobre pour un entretien avec Denis Sassou Nguesso . La relation entre les deux rives a traversé des épisodes difficiles ces dernières semaines. Un échange de tirs sur le fleuve, à hauteur de Makotipoko, a fait l’objet d’enquêtes dans les deux pays . Les tensions se sont aussi exprimées à terre. Le spectre de nouvelles expulsions a été ravivé par ces tensions entre les deux capitales . Un projet d’infrastructure n’est pas un règlement politique. Il engage cependant les deux États sur un objet commun, mesurable et daté, ce que les déclarations d’intention ne font pas. Ce qui n’est toujours pas public : le coût et le financement Aucun montant n’est associé à l’annonce. Le coût total de l’ouvrage, sa clé de répartition entre les deux États et la part des bailleurs ne sont pas communiqués. L’entreprise retenue pour les travaux n’est pas nommée non plus, ni le mode de passation, ni le régime d’exploitation de l’ouvrage une fois livré. La question du financement est pourtant centrale dans la commande publique congolaise. La RDC cherche des capitaux pour ses infrastructures , et le ministre des Infrastructures a présenté les grands chantiers du pays à des investisseurs belges en septembre . Ce qu’il faudra établir Sept éléments manquent et sont établissables auprès du ministère des Infrastructures et Travaux publics, de la Présidence de la République et du comité de suivi bilatéral. Le coût total du projet et sa répartition entre les deux États. Les bailleurs engagés et le montant déjà mobilisé. Le contenu détaillé du chronogramme arrêté et ses jalons jusqu’à juin 2027. L’entreprise ou le groupement retenu, et la procédure qui l’a désigné. La durée prévue du chantier et la date de mise en service. Le tracé exact et le nombre de ménages concernés par les expropriations sur la rive congolaise. Et le régime d’exploitation de l’ouvrage, péage, répartition des recettes et autorité gestionnaire. À lire aussi Pont Kinshasa-Brazzaville : l’accord fiscal et douanier de mai 2026 L’avis à manifestation d’intérêt signé en juin 2022 Tshisekedi à Brazzaville pour un tête-à-tête avec Sassou Nguesso Le fleuve tueur : ce que les baléinières font aux passagers The post Pont route-rail Kinshasa-Brazzaville : les travaux annoncés pour juin 2027 appeared first on BETO .