Dette de la RDC : Doudou Fwamba répond à Joseph Kabila et défend le recours à l’emprunt

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, conteste la présentation de la dette publique comme un fardeau pour la République démocratique du Congo. Il répondait aux critiques de Joseph Kabila, qui a évoqué dans son discours du 9 octobre une dette dépassant 18 milliards de dollars. 18 milliards de dollars, ou moins de 20 % du PIB Dans une publication sur X, le ministre déplace le débat du montant vers le poids. L’endettement congolais représente, selon les chiffres qu’il avance, moins de 20 % du produit intérieur brut, là où les pays d’Afrique subsaharienne affichent en moyenne 60 %. Présenter un tel niveau comme un fardeau « résulte soit de la mauvaise foi politique, de la méconnaissance des fondamentaux en matière de gestion économique et financière ou encore d’une absence de vision stratégique en matière du financement de développement », écrit-il. Il distingue deux opérations que la critique confondrait. « Assainir la dette publique est une chose ; utiliser celle-ci comme un levier de financement des infrastructures et des priorités du Gouvernement tout en maintenant sa soutenabilité comme nous le faisons depuis 2019, résulte de la cohérence de l’action publique et d’une vision stratégique », affirme le ministre. Ce que la réponse ne dit pas Le ratio dette sur PIB ne suffit pas à mesurer une charge. La publication ne détaille ni le service annuel de la dette, ni les conditions des emprunts contractés, ni la part des recettes publiques consacrée au remboursement. Ce sont pourtant ces trois données qui disent ce que l’État paie chaque année, et à quel coût. Deux bilans opposés, de 2019 à 2026 Le ministre oppose ensuite deux bilans. En 2019, au terme des dix-huit années de gestion de Joseph Kabila, il décrit un pays doté d’un PIB nominal d’environ 50 milliards de dollars, de 1,3 milliard de réserves de change à la Banque centrale, d’un budget de 4 milliards, d’un déficit du compte courant de 3,2 % du PIB, sans accès aux marchés de capitaux internationaux ni programme avec le Fonds monétaire international. En 2026, il avance 120 milliards de PIB nominal, 8 milliards de réserves, un budget de 18 milliards, un déficit ramené à 1,3 % du PIB en 2024, un accès aux marchés et trois programmes formels avec le FMI. « Entre ces deux périodes de gouvernance, aucune comparaison possible. C’est la nuit et le jour », tranche-t-il. Ces comparaisons ne sont accompagnées d’aucune référence statistique, et la publication ne précise pas s’il s’agit de données exécutées ou prévisionnelles. La distinction compte : la hausse du budget 2027 doit une part de sa progression au taux de change retenu , et un montant libellé en dollars ne dit pas la même chose qu’un montant en francs congolais. Trois programmes avec le FMI, et le reproche des contrats miniers Sur les relations financières internationales, le ministre revendique un accès aux marchés et trois programmes formels avec le Fonds monétaire international. Il avait déjà défendu l’Eurobond devant l’Assemblée nationale comme une percée historique, et porté ce même message aux assemblées du FMI et de la Banque mondiale . Il attribue à l’inverse l’absence de programme formel sous la gouvernance précédente au manque de transparence et au refus de publier « des contrats léonins signés avec nos sociétés d’État du secteur minier ». Le ton se durcit à l’endroit de l’ancien chef de l’État, dont il dit qu’il est « tombé à la fois dans un déni et une dénégation psychologique » sur l’héritage économique. « On croirait entendre un ange du ciel qui parle du satan », écrit le ministre. Du bilan social à l’appel au dialogue La réplique s’étend aux politiques sociales. Le ministre cite la gratuité de l’enseignement primaire, celle de la maternité, l’assurance santé des professeurs d’université et des magistrats. Il reproche à la période précédente l’absence d’université moderne construite en dix-huit ans, de nouvelle piste d’atterrissage, de bâtiment administratif dans les 145 territoires, et de route asphaltée à Isiro, Bunia, Kananga, Kikwit ou Buta. Il y voit les marques d’une transformation engagée sous le président Félix Tshisekedi. Au terme de sa réponse, il appelle les Congolais à participer au dialogue pour exprimer leurs désaccords et renouveler le serment d’un Congo uni. Il s’adresse aussi aux acteurs armés, auxquels il demande de déposer les armes et de s’engager dans un dialogue sans condition. « Il est possible d’exprimer nos désaccords sans tuer nos compatriotes innocents », écrit-il, reliant sa défense du bilan gouvernemental à un appel à la paix dans l’Est. Odon Bakumba À lire aussi Les silences du discours de Joseph Kabila Budget 2027 : ce que la hausse de 12 % doit au taux de change RDC : Fwamba engage la transformation de la DGDP après 50 ans d’existence The post Dette de la RDC : Doudou Fwamba répond à Joseph Kabila et défend le recours à l’emprunt appeared first on BETO .