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Félix Tshisekedi exige des facilitateurs de l’Union africaine une application vérifiable des accords de Washington et de Doha

Beto.cd · Rédaction Kinshasa · 10 octobre 2026 · Source originale

Félix-Antoine Tshisekedi a reçu le vendredi 9 octobre 2026 à Kinshasa une délégation du Panel des facilitateurs de l’Union africaine composée de quatre anciens chefs d’État : Sahle-Work Zewde, Uhuru Kenyatta, Catherine Samba-Panza et Mokgweetsi Masisi. L’audience, élargie à la Première ministre Judith Suminwa et aux ministres sectoriels, a porté sur la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et sur les processus de paix de Washington et de Doha. L’information vient de la Présidence de la République, sur son compte X. Quatre anciens chefs d’État, et une composition qui bouge Les quatre facilitateurs reçus à Kinshasa ont tous dirigé un État. Sahle-Work Zewde a présidé l’Éthiopie, Uhuru Kenyatta le Kenya, Catherine Samba-Panza la transition centrafricaine et Mokgweetsi Masisi le Botswana. La composition de la délégation n’est pas la même d’une étape à l’autre. À Goma, le 5 octobre, trois facilitateurs étaient annoncés, Kenyatta, Masisi et Sahle-Work Zewde . Catherine Samba-Panza apparaît à Kinshasa. Ce n’est pas la première variation. Le panel a déjà changé de composition depuis sa mise en place, et sa feuille de route ne porte qu’une seule date . Le format de l’audience, lui, est celui des dossiers qui engagent l’exécutif entier. La présence de la Première ministre et des ministres sectoriels indique que la discussion a dépassé le cadre protocolaire. Une mission de consultation de 72 heures : Goma, Kigali, Kinshasa L’audience clôture une tournée. La Présidence présente la démarche comme une mission de consultation de 72 heures sur la crise sécuritaire dans l’Est. Les étapes précédentes sont documentées. Le panel est passé par Goma le 5 octobre, où il a consulté l’AFC et le M23, puis par Kigali le 7 . Selon l’agence Anadolu, la délégation conduite par Uhuru Kenyatta a rencontré à Kigali, le mercredi 7 octobre, le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe, et a évalué dans le territoire de Nyiragongo la situation des personnes déplacées. L’étape de Goma avait une portée particulière. L’AFC et le M23 y ont installé une administration parallèle, avec ses nominations et son code fiscal , que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a déclarée nulle et dépourvue de tout effet juridique. Washington et Doha : des engagements qui ne se voient pas sur le terrain La Présidence écrit que plusieurs engagements essentiels des processus de Washington et de Doha restent à concrétiser sur le terrain. C’est le point de départ de l’audience, et il est mesurable. Le chiffre existe, et il est récent. Devant le Conseil de sécurité, le 29 septembre, James Swan a indiqué que deux protocoles sur huit avaient été conclus à Doha, et recensé 1 537 violations des droits humains en trois mois . Les cessez-le-feu obtenus ne tiennent pas davantage. Les combats menés par l’AFC/M23 et ses alliés contre les forces congolaises à Walikale et à Masisi constituent une violation des engagements de Doha et de Washington . Et le cadre régional de la médiation africaine n’a pas produit de calendrier. La feuille de route adoptée à Gaborone le 26 juillet 2026 compte sept axes de travail et une seule date . Le mot qui change : « vérifiable » La position congolaise exposée au panel comporte un déplacement d’accent. Le chef de l’État a réaffirmé l’engagement de la RDC dans les processus diplomatiques en cours, en insistant désormais sur une application concrète et vérifiable des engagements souscrits. La nuance porte sur ce qui est demandé à la médiation. Signer relève de la diplomatie, vérifier relève d’un mécanisme : des observateurs, un mandat, un accès au terrain et un rapport public. L’exigence rejoint celle des Nations unies. La résolution 2773 réclame le retrait des forces rwandaises, et son inventaire d’exécution reste ouvert dix-neuf mois après son adoption . La RDC n’a pas rendu publics, à ce stade, les mécanismes de vérification qu’elle souhaite voir activés, ni le calendrier qu’elle y associe. Ce que le panel a demandé publiquement Le panel avait pris position deux jours plus tôt. Selon Anadolu, il a appelé au strict respect des engagements de cessez-le-feu, à la pleine coopération avec les mécanismes de vérification et à la retenue sur toute action susceptible de fragiliser le processus de paix. Il a également insisté sur l’urgence de protéger les civils, en particulier les femmes et les filles, de prévenir les violences sexuelles et basées sur le genre, et d’assurer que les violations fassent l’objet de comptes rendus. Ce dernier point croise une démarche congolaise en cours. À Genève, la RDC a réclamé un front international contre l’impunité pour les violences sexuelles commises dans l’Est . Ce qu’il faudra établir Six éléments manquent et sont établissables auprès de la Présidence de la République, du ministère des Affaires étrangères et de la Commission de l’Union africaine. La liste des engagements de Washington et de Doha que Kinshasa considère comme non exécutés. Les mécanismes de vérification dont la RDC demande l’activation, et l’autorité qui en serait chargée. La composition officielle et le mandat écrit du Panel des facilitateurs. Le contenu du rapport que la mission de 72 heures doit produire et son destinataire. La date de la session d’Arusha prévue par la feuille de route de Gaborone. Et la suite donnée à la décision du Conseil de paix et de sécurité déclarant nulle l’administration installée par l’AFC et le M23. Odon Bakumba À lire aussi Le panel de l’UA à Kinshasa, après Goma et Kigali Deux protocoles sur huit à Doha, 1 537 violations en trois mois Où en est la médiation de l’Union africaine, deux mois après Gaborone Résolution 2773 : l’inventaire d’exécution, dix-neuf mois après The post Félix Tshisekedi exige des facilitateurs de l’Union africaine une application vérifiable des accords de Washington et de Doha appeared first on BETO .

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