RDC : le CSAC ferme toute tribune médiatique au FRN, sous peine de sanctions

Dans une recommandation adoptée le 19 octobre 2026 à Kinshasa, l’organe de régulation met également en garde contre toute diffusion de contenus faisant l’apologie de la guerre, de la rébellion ou des violences armées. Cette décision a été prise lors de la 52ᵉ session ordinaire de l’Assemblée plénière du CSAC, présidée par Christian Bosembe. L’institution affirme avoir constaté plusieurs dérives dans les médias congolais, notamment des déclarations incendiaires de communicateurs politiques, des propos faisant l’apologie du crime et des interventions portant atteinte à l’image des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Dans sa recommandation, le CSAC demande aux journalistes, responsables des médias, animateurs et producteurs de ne pas offrir d’espace d’expression aux dirigeants, porte-parole, représentants ou membres du FRN et des structures armées associées. Cette restriction concerne notamment les interviews, les interventions en direct, les communications téléphoniques et les émissions interactives. L’organe de régulation proscrit également la diffusion de déclarations, de communiqués, de messages et de productions audiovisuelles destinés à promouvoir les activités de ces mouvements. Les reportages à caractère propagandiste, les contenus glorifiant la rébellion ainsi que les interventions susceptibles de justifier ou de banaliser les violences et les crimes commis par des groupes armés sont également visés. Le CSAC met particulièrement en garde contre les contenus pouvant favoriser le recrutement, la mobilisation, l’adhésion ou toute forme de soutien politique, matériel ou moral aux mouvements concernés. La recommandation prévoit aussi des restrictions concernant les représentants des partis politiques interdits en République démocratique du Congo, auxquels les médias ne doivent pas accorder d’espace d’expression. Ces dispositions ne concernent pas uniquement les médias traditionnels. Elles s’appliquent également aux plateformes numériques et aux autres espaces de diffusion audiovisuelle. Les journalistes, présentateurs, chroniqueurs, analystes, consultants, invités d’émissions, créateurs de contenus numériques et influenceurs sont ainsi concernés, indépendamment du support utilisé ou de leur audience. Tout en rappelant que la liberté d’opinion et d’expression constitue un droit fondamental, le CSAC souligne que son exercice doit respecter les lois de la République, l’ordre public ainsi que les droits d’autrui. L’institution insiste sur l’obligation, pour les professionnels des médias, de se conformer aux règles légales, éthiques et déontologiques qui encadrent la diffusion des informations et des prises de parole publiques. Pour justifier sa décision, le CSAC se réfère notamment à la Constitution, à sa loi organique ainsi qu’à l’ordonnance-loi du 13 mars 2023 relative à l’exercice de la liberté de la presse et de l’information. L’organe de régulation prévient que tout manquement constaté exposera son auteur aux sanctions prévues par les textes légaux et réglementaires en vigueur. Adoptée par l’Assemblée plénière, cette recommandation entre en vigueur dès sa publication. La décision soulève également la question de la distinction entre la propagande en faveur des groupes armés et le traitement journalistique de leurs activités, notamment dans le cadre de la couverture des conflits et du débat politique. Les modalités d’application de ces restrictions seront déterminantes pour apprécier leurs conséquences sur le travail des médias et le droit du public à l’information. Christian T. ÉZÉCHIEL The post RDC : le CSAC ferme toute tribune médiatique au FRN, sous peine de sanctions appeared first on BETO .