Recensement : Goma et Bukavu seront comptées, assure Guylain Nyembo

Les habitants de Goma et de Bukavu seront recensés comme ceux du reste du pays. C’est ce qu’affirme le ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo Mbwizya , dans un entretien accordé à RFI lors d’un passage à Paris. Interrogé sur les zones de l’Est passées sous le contrôle du Front pour la refondation de la nation, que la radio qualifie de rébellion et que dirige l’ancien président Joseph Kabila, le ministre répond que l’opération s’y déroulera « de la même manière que vous avez entendu se réaliser l’examen d’État sur tout le territoire national ». « Le recensement n’est pas une opération politique, pas du tout, insiste-t-il. C’est typiquement scientifique, ça sert même de donnée, même humanitaire, pour accompagnement des personnes, parce que ça permet d’identifier toutes les personnes déplacées sur le territoire national. » Quand le journaliste lui fait observer qu’un tel dénombrement supposerait l’accord des hommes armés qui tiennent le terrain, la réponse est nette : « Ça, c’est vous qui le dites. Mais pour nous, ce sont des communautés locales avec des communautés locales que nous réalisons ce travail. » Les recenseurs seront, selon lui, des jeunes recrutés sur place et des chefs coutumiers. Cent trente mille recenseurs, ménage par ménage Le dénombrement exhaustif aura lieu en juillet , individu après individu, mais organisé par ménage. « Nous allons vers les ménages et, à partir de là, nous recensons », explique le ministre. Plus de 130 000 recenseurs seront déployés, à raison d’un par aire de dénombrement. L’opération est numérique. Les agents travailleront sur tablettes et « dès qu’ils ont l’information, tout de suite après, l’information est envoyée au niveau de Kinshasa pour la compilation ». Le budget général s’élève à 192 millions de dollars , dont 30 millions déjà mis à disposition par l’État congolais. La Banque mondiale et la Banque africaine de développement accompagnent le programme, les Nations unies apportant un appui technique et, selon le ministre, « un peu » financier. Ces montants et l’échéance de juillet 2027 avaient été annoncés le 29 septembre à Kinshasa , au lancement de la cartographie censitaire. Trente millions en 1984, 112 millions estimés aujourd’hui Le dernier recensement général remonte à 1984 et chiffrait la population à près de 30 millions de personnes. Depuis, le pays vit sur des projections. Celles du Fonds des Nations unies pour la population situent aujourd’hui la RDC autour de 112 millions d’habitants , rappelle le ministre, qui ajoute attendre le résultat réel de l’opération. L’enjeu qu’il met en avant est celui de la planification. « Nous avons la gratuité de l’enseignement, mais il faut que nous sachions combien d’élèves nous avons en projection, combien d’enfants à telle catégorie d’âge. Cela nous permet de construire les écoles qu’il faut. » Il cite le même raisonnement pour la couverture santé universelle, l’électricité et l’eau. Le chantier est ancien et il a connu de longs arrêts. Le recensement général, l’identification de la population et la révision du fichier électoral sont trois opérations distinctes que le public confond régulièrement. Cuivre : « nous voulons diversifier » Le ministre revenait de Bruxelles, où s’est tenue la conférence de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives. Interrogé sur la place des opérateurs chinois, que RFI évalue à environ 90 % de la production congolaise de cuivre, il répond par la diversification plutôt que par la critique. « La RDC a l’ambition de diversifier ses partenariats et donc ça veut dire aussi que la porte reste ouverte à tous les autres partenaires. Les États-Unis sont arrivés, nous attendons l’Europe. » Et de préciser que la démarche ne vise pas que le cuivre : « Pour tout ce que nous avons de minerais stratégiques, nous voulons diversifier nos partenariats. » Il cite deux dossiers américains : l’exploration du lithium dans la province du Tanganyika, où une société américaine dispose de plusieurs sites, et le corridor de Lobito, dont le volet ferroviaire est confié à une société américaine. Côté européen, il relève l’intérêt pour Lobito et une annonce de l’Union européenne qu’il évalue à deux milliards d’euros. « Nous demandons aux investisseurs de ne pas traîner les pieds parce que la RDC reste ouverte. » À lire aussi 192 millions USD pour recenser la population, le dénombrement fixé à juillet 2027 Recensement, identification, fichier électoral : trois opérations que l’on confond RGPH-2 à Kinshasa : après 1 868 opérateurs cartographes, les chefs d’équipe formés Guylain Nyembo plaide pour une meilleure redistribution des revenus miniers The post Recensement : Goma et Bukavu seront comptées, assure Guylain Nyembo appeared first on BETO .