Après la création du FRN, Muyaya renvoie la C64 à son plaidoyer pour Kabila

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, demande à la Coalition Article 64 de clarifier sa position après la création du Front pour la refondation de la nation par Joseph Kabila. Il s’exprimait dans une vidéo diffusée le dimanche 18 octobre 2026. Sa demande vise nommément ceux qui plaidaient pour la participation de l’ancien président au dialogue national. « S’ils font le choix de la République » La formule est une sommation. « Tous ceux qui plaidaient pour sa participation au dialogue, ils doivent s’y prononcer s’ils font le choix de la République », déclare Patrick Muyaya. Le porte-parole qualifie auparavant la démarche de l’ancien chef de l’État. « Le choix qu’il fait de prendre les armes, c’est de s’attaquer à la République et à l’ordre constitutionnel », affirme-t-il. La Coalition Article 64 rassemble Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund. Ces quatre figures de l’opposition s’étaient rassemblées autour du refus de changer la Constitution . Aucune réponse de la coalition n’était rendue publique à la date de cet article. Ce que la C64 avait soutenu en août La demande du gouvernement renvoie à une position documentée. Martin Fayulu affirmait depuis Paris, en août, que Joseph Kabila et Corneille Nangaa étaient parties prenantes du dialogue national , ce que Kinshasa refusait déjà. Le désaccord ne portait alors ni sur le principe du dialogue ni sur sa date, mais sur une liste de participants. Le pouvoir avait fixé un périmètre. Cinq lignes rouges encadraient la convocation du dialogue, et l’AFC/M23 opposait de son côté un refus net . Ce que le chef de l’État avait posé le 27 août Patrick Muyaya s’appuie sur une règle énoncée deux mois plus tôt. Dans son adresse à la nation du 27 août 2026, Félix Tshisekedi déclarait qu’« aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique ». Le chef de l’État avait détaillé les exclusions. « Aucun mouvement armé ne pourra invoquer l’inclusivité pour imposer par la force ce qu’il n’a pas obtenu par les voies démocratiques », disait-il, en visant ceux qui « combattent par les armes l’ordre constitutionnel », « occupent par la force une partie du territoire national », « administrent illégalement des entités de la République » ou « agissent au service d’une puissance étrangère, en l’occurrence le Rwanda ». Cette phrase était écrite avant la création du FRN. C’est elle que le gouvernement applique aujourd’hui à la situation nouvelle. Le FRN, annoncé le 12 octobre à Goma La structure a été présentée le 12 octobre à Goma comme la formation politico-militaire succédant à la coalition AFC-M23. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa en sont vice-présidents. Joseph Kabila en a pris la tête aux côtés de dirigeants de l’AFC/M23 , trois jours après une adresse à la nation où il annonçait livrer sa vision des actions à mener. Les réactions se sont succédé depuis. Vital Kamerhe a dénoncé une contradiction entre les appels à la paix et le recours aux armes , et Germain Kambinga a appelé la classe politique à faire bloc derrière le chef de l’État . L’administration a pris des mesures. Le vice-Premier ministre de l’Intérieur a ordonné le 15 octobre l’interdiction des activités du PPRD et de douze autres partis politiques . Ce que la sommation met en jeu pour le dialogue Le dialogue national reste le cadre dans lequel ces positions s’expriment. Son comité a été organisé par ordonnance , et la ligne de fracture sépare toujours ceux qui tiennent à une convocation présidentielle et ceux qui réclament une médiation neutre . La demande du porte-parole déplace le débat. Elle ne porte plus sur le format du dialogue mais sur l’appartenance de chacun à l’ordre constitutionnel. Pour l’opposition, répondre engage deux choses distinctes : sa position sur la création du FRN, et sa position sur la participation de Joseph Kabila au dialogue, qu’elle défendait avant cette création. Ce qu’il faudra établir Six éléments manquent et sont établissables auprès du ministère de la Communication et des Médias, de la Coalition Article 64 et du comité du dialogue national. La position de chacun des quatre dirigeants de la C64 sur la création du FRN. Le maintien ou l’abandon de leur plaidoyer pour la participation de Joseph Kabila au dialogue. La composition complète du FRN et sa date de constitution. La base légale invoquée pour l’interdiction des activités de treize partis. Les conséquences de ces interdictions sur la participation au dialogue. Et le calendrier des assises, qui n’a toujours pas été rendu public. À lire aussi Joseph Kabila : de la rébellion au pouvoir, puis du pouvoir à la rébellion Le dialogue national bute sur les noms de Kabila et Nangaa Shabani ordonne l’interdiction des activités du PPRD et de 12 autres partis Fayulu, Sesanga, Katumbi, Kabund : l’axe commun de l’opposition The post Après la création du FRN, Muyaya renvoie la C64 à son plaidoyer pour Kabila appeared first on BETO .