VIᵉ édition d’Africa Energy Week : Acacia Bandubola vante un potentiel pétrolier de plus de 22 milliards de barils en RDC

La République démocratique du Congo veut convertir son potentiel pétrolier en investissements. À Cape Town, en Afrique du Sud, la Ministre d’État aux Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a présenté, le mardi 13 octobre 2026, les ressources du pays et les réformes destinées à attirer les capitaux lors de l’Africa Energy Week. Premier argument : plus de 22 milliards de barils de ressources potentielles, réparties entre la Cuvette centrale, les grabens Tanganyika et Albertine ainsi que le bassin côtier atlantique. Sa transformation en production dépendra des découvertes, des coûts d’extraction et de la rentabilité des projets. La faiblesse de l’exploitation actuelle illustre cet enjeu. Le ministère des Hydrocarbures indique une production voisine de 20.000 barils par jour, soit quelque 7,3 millions sur une année à rythme constant. La priorité est donc d’attirer des financements capables de convertir les perspectives géologiques en volumes commercialisables. Pour réduire l’incertitude des investisseurs, Acacia Bandubola met en avant la Banque nationale de données pétrolières et gazières, inaugurée le 2 juillet 2026. Trois serveurs, totalisant 15.000 gigaoctets pour l’amont pétrolier, doivent faciliter l’accès aux informations techniques. Leur utilité dépendra néanmoins de la qualité des données et de leur exploitation effective. Autre levier : la révision de la loi de 2015 sur les hydrocarbures. Kinshasa recherche un cadre fiscal plus lisible, tout en renforçant le contenu local et les exigences environnementales. L’équilibre sera déterminant : attirer les capitaux sans compromettre les recettes publiques ni les retombées nationales. La Ministre a également exposé les besoins du marché intérieur, évalués à plus de 600.000 mètres cubes de carburant par mois. Cela équivaut à plus de 600 millions de litres mensuels et, à rythme constant, à plus de 7,2 milliards de litres par an. Ces volumes soutiennent l’intérêt des projets de stockage, de pipelines et de raffinage à Kinshasa, au Kongo Central et dans le Grand Katanga. Toutefois, leur viabilité dépendra des coûts logistiques, de l’approvisionnement et des débouchés. La stratégie congolaise associe ainsi deux impératifs, en l’occurrence : Primo , développer la production de brut ; Secundo , sécuriser la distribution des carburants. Ainsi, indiquent les experts du secteur, à terme, la portée économique de la stratégie congolaise se mesurera aux investissements concrétisés, aux emplois créés et aux capacités industrielles installées. Flory MUSISWA