Fonds de sensibilisation contre Ebola : des acteurs du Nord-Kivu réclament un rapport détaillé

Des acteurs politiques et de la société civile du Nord-Kivu demandent des explications sur l’utilisation de fonds destinés à la sensibilisation contre Ebola, alloués à des députés provinciaux. Ils réclament la publication d’un rapport détaillé, rapporte Radio Okapi le 9 octobre 2026. Les élus concernés n’ont pas répondu, et les allégations de détournement qui circulent ne sont pas établies. Ce que disent ceux qui demandent des comptes Les demandes portent sur une enveloppe de 40 000 dollars. Emery Katavali, acteur politique à Oïcha, qui porte la demande, dit attendre des intéressés une reddition de comptes. « Ces gens doivent nous expliquer comment est-ce qu’ils ont utilisé cet argent-là », déclare-t-il. Il affirme par ailleurs qu’une députée provinciale aurait reconnu avoir reçu 46 700 dollars. Son nom n’est pas rendu public, et elle n’a pas réagi. Les deux montants ne concordent pas, et rien ne permet à ce stade de dire s’ils portent sur la même enveloppe, sur deux versements distincts ou sur deux périmètres différents. C’est le premier point que la publication d’un rapport trancherait. Aucune structure gestionnaire n’est nommée, aucun bailleur identifié, et aucune activité de sensibilisation précise décrite. Les demandeurs avancent que si ces allégations se confirmaient, elles nuiraient à la mobilisation communautaire contre l’épidémie. Pourquoi la sensibilisation est un poste de dépense sensible Dans cette épidémie, la communication n’est pas un poste annexe, c’est un déterminant de la mortalité. Deux tiers des décès surviennent dans les communautés, hors des structures de santé, selon l’Organisation mondiale de la santé . Un malade qui n’atteint pas un centre est un malade que personne n’a convaincu d’y aller. Une létalité de 48,2 % a été constatée à Bunia , et la réticence communautaire figure parmi les facteurs identifiés. D’autres acteurs travaillent ce terrain avec des moyens documentés. La CENCO et Caritas ont réuni début octobre les confessions religieuses pour porter les messages sanitaires . La traçabilité de l’argent de la riposte, une question déjà posée plus haut Le dossier d’Oïcha reproduit à l’échelle d’une province une question déjà soulevée au niveau national. Trois montants différents circulent sur le financement de la riposte selon que l’on interroge les Nations unies ou le gouvernement . Et la Première ministre avait annoncé à New York 2,9 milliards de dollars mobilisés pour 1,4 milliard demandé , une enveloppe dont le porte-parole du gouvernement a lui-même relevé qu’elle ne transite pas par le Trésor public. Sur le terrain, le défaut de paiement est documenté. Une grève a interrompu des activités de riposte, dans un contexte de rupture de vaccin et de centres de traitement saturés . Ce que la publication d’un rapport permettrait de vérifier La demande des acteurs d’Oïcha est documentaire avant d’être accusatoire. Un rapport d’exécution indiquerait l’origine des fonds, les bénéficiaires, les activités réalisées et les pièces justificatives. En l’absence de ce document, aucune des deux thèses ne peut être établie, ni le détournement allégué, ni la bonne exécution. C’est précisément ce que l’opacité produit. Le cadre légal, lui, se durcit. Un projet de loi anticorruption de 144 articles a été déclaré recevable par l’Assemblée nationale le 28 septembre . À lire aussi Financement de la riposte Ebola : trois montants, deux sources Deux tiers des morts n’atteignent jamais un centre de soins Grève, rupture de vaccin et centres saturés dans la riposte Le projet de loi anticorruption déclaré recevable The post Fonds de sensibilisation contre Ebola : des acteurs du Nord-Kivu réclament un rapport détaillé appeared first on BETO .