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« L’Est n’est plus en crise, il est en effondrement » : la société civile décrit au Conseil de sécurité la chaîne des minerais

Beto.cd · Rédaction Kinshasa · 1 octobre 2026 · Source originale

« L’Est n’est plus en crise, il est en effondrement. » La phrase a été prononcée devant le Conseil de sécurité des Nations unies par Néné Bintou Iragi, déléguée de la société civile du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, mercredi 30 septembre 2026, selon Radio Okapi. Elle y a soutenu que la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo est d’abord une guerre pour les minerais. La chaîne décrite devant le Conseil La déléguée a décrit un circuit en quatre temps. Des creuseurs artisanaux extraient la cassitérite, le coltan et l’or sous la contrainte de groupes armés, notamment à Kanyola, à Minembwe et à Rubaya. Les minerais sont taxés sur place. Ils sont ensuite acheminés vers Bukavu ou vers Goma. Là, ils sont mélangés à des minerais dits propres, ce qui efface leur origine, avant d’être exportés par des circuits opaques. Le mécanisme recoupe ce que les travaux sur la filière établissent depuis des années. La Commission nationale des droits de l’homme plaidait deux jours plus tôt à Genève sur le travail des enfants dans le cobalt , avec un comptage propre de 16 845 enfants. La taxation à la source, elle, est l’un des piliers de l’administration parallèle que l’AFC/M23 a installée sur les territoires qu’elle occupe . Ce qui se passe dans les zones occupées Néné Bintou Iragi a énuméré devant le Conseil des faits qu’elle attribue aux zones sous contrôle de l’AFC/M23 : assassinats, incendies, punitions collectives, détentions arbitraires, sur plusieurs localités. Ces éléments sont rapportés par une déléguée de la société civile devant un organe des Nations unies. Ils relèvent d’un témoignage, non d’une enquête judiciaire, et c’est à ce titre qu’ils sont restitués ici. Dix millions de déplacements, et non dix millions de déplacés La déléguée a fait état d’environ dix millions de déplacements forcés sur l’année écoulée. La formule mérite d’être lue avec précision : un déplacement n’est pas une personne. Une famille chassée trois fois en douze mois compte pour trois déplacements. Le chiffre mesure la fréquence de la fuite, pas la taille de la population déplacée. Elle a par ailleurs indiqué qu’environ 800 000 personnes sont privées d’assistance depuis des mois dans plusieurs zones du Sud-Kivu. Cette privation n’est pas propre au Sud-Kivu. En Ituri, le coordonnateur humanitaire a alerté en septembre sur la situation de près de 19 000 déplacés du seul site de Kigonze . Six demandes au Conseil de sécurité La déléguée a formulé six demandes : l’application de la résolution 2773, le renforcement de la protection des civils, un accès humanitaire sans conditions, un mandat de protection plus clair pour la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, un dialogue de paix inclusif, et des mécanismes de redevabilité renforcés dans le secteur minier. La première de ces demandes porte sur un texte vieux de plus de dix-neuf mois. L’inventaire de son exécution montre ce qui n’a pas été fait , à commencer par le retrait des forces rwandaises et celui de l’AFC/M23 des zones occupées. La question du mandat se pose en décembre, échéance du renouvellement de celui de la MONUSCO. Elle rejoint ce que la RDC a elle-même porté la veille devant le même Conseil, en réclamant le gel des rotations des Casques bleus rwandais . À lire aussi Résolution 2773 : dix-neuf mois, l’inventaire de ce qui a été exécuté AFC/M23 : une administration parallèle qui nomme et qui perçoit À Genève, la CNDH plaide sur le cobalt des enfants La RDC réclame le gel des rotations des Casques bleus rwandais The post « L’Est n’est plus en crise, il est en effondrement » : la société civile décrit au Conseil de sécurité la chaîne des minerais appeared first on BETO .

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