Le coup de semonce de Shabani Lukoo au personnel politique

Vice-Premier ministre en charge de l’Interieur, Jacquemin Shabani Lukoo, a lancé une sevère mise en garde aux acteurs politiques tentés par l’idée de rencontrer l’agresseur rwandais ou ses supplétifs dans les territoires occupés. Un avertissement qui s’adresse particulièrement aux membres de la coalition C64. S’exprimant sur son compte X, jeudi 5 novembre, le ministre Shabani Lukoo Bihango a eu ces mots: « Depuis plus de trois ans, la RDC fait face à l’agression de l’armée rwandaise et de ses supplétifs, qui occupent une partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et y endeuillent nos populations. Le retour de la paix dans l’Est est la priorité du gouvernement. Mais aucun acteur politique ne peut aller à la rencontre de l’agresseur dans les territoires occupés en dehors du cadre fixé par l’État ». Martin Fayulu Après une tournée en Europe, Martin Fayulu Madidi (ECIDé) et ses camarades – notamment Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo – ont exprimé le souhait de se rendre à Goma afin de rencontrer le chef rebelle « Joseph Kabila « . Les intéressés espèrent entreprendre une démarche analogue auprès du président Felix Tshisekedi Tshilombo. Celui-ci n’a jamais fait mystère de son refus de discuter avec les « marionnettes » et autres « pantins » de Kagame. Pour le ministre Shabani Lukoo, aucune visite de ce genre ne sera admise « en dehors du cadre fixé par l’État « . Ajoutant que « la recherche de la paix doit s’inscrire dans le respect des lois de la République et de ses institutions légitimes et légalement établies ». Quid de la légalité de cette mesure? Le vice-Premier ministre de l’Intérieur d’invoquer les dispositions de l’article 192 du code pénal congolais, livre II. Ce texte prévoit une servitude pénale de un à cinq ans pour toute personne entretenant, sans autorisation du gouvernement, une correspondance ou des relations avec les sujets ou agents d’une puissance ennemie en temps de guerre. Selon Shabani, cette disposition sanctionne également les actes de commerce réalisés directement ou par intermédiaire des sujets ou agents d’une puissance ennemie, au mépris des prohibitions édictées. Il a également fait mention des articles 6, 29 et 31 de la loi n° 04/002 portant organisation et fonctionnement des partis politiques, soulignant ainsi le cadre légal encadrant les activités et les responsabilités des acteurs politiques en RDC. Moïse Katumbi Dans une interview accordée au magazine parisien « Jeune Afrique « , jeudi 5 novembre, Moïse Katumbi Chapwe, président du parti politique « Ensemble pour la République « , a annoncé son déplacement à Goma, chef-lieu de la province du Nord Kivu dans les tout prochains jours. Et ce à l’instar des animateurs de l’opposition du C64. Interrogé par Patient Ligodi de RFI sur la « similitude » entre la visite envisagée par des opposants du C64 à Goma et celle effectuée par Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président de l’UDPS, en zone occupée par le RCD en avril 2003, Lambert Mende Omalanga a tonné que « le contexte est différent « . Au motif notamment que « Joseph Kabila » n’était pas encore élu. « Il n’ y avait pas un pouvoir légitime à Kinshasa « , a-t-il martelé. Le journaliste est revenu à la charge en relevant la contradiction entre les discussions en cours à Doha entre le pouvoir de Kinshasa et le M23/FRN et le refus de parler aux insurgés basés à Goma. « A Doha, il est question uniquement du cessez-le-feu. Le problème à resoudre dans le cadre du dialogue reste la guerre que Kagame nous fait à l’Est », a-t-il ajouté . Mende de conclure: « Les supplétifs doivent déposer les armes ». Quid des six points restants dans le cahier des charges du M23/FRN? « La question de la gouvernance ne sera pas débattue à Doha » conclut Mende. B.A.W. (avec ACP)