Gbadolite : le Nord-Ubangi peut désormais dépister le virus Bundibugyo sur place

Le laboratoire provincial de Gbadolite , au Nord-Ubangi, peut désormais réaliser sur place les analyses PCR de détection du virus Bundibugyo. Une équipe d’experts de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) y a travaillé dix jours avec les professionnels de santé locaux, rapporte l’OMS. Jusque-là, la province dépendait de laboratoires éloignés : un échantillon devait parcourir des centaines de kilomètres, et le résultat demandait des jours. Ce qui a été installé Les experts ont installé et rendu opérationnelle la technologie RadiOne , un système de diagnostic moléculaire capable de réaliser localement les analyses PCR pour la détection du virus. La mise en service a également porté sur une boîte à gants de biosécurité , qui permet de manipuler sans risque des échantillons potentiellement infectieux. Au terme de l’installation, les équipes provinciales ont réalisé leurs premières analyses réelles : séries complètes de tests PCR, interprétation des résultats, puis application des procédures de rapportage et d’archivage des données. Quatre jours de formation sur la chaîne complète La mission a comporté quatre jours de formation théorique et pratique. Les sessions ont porté sur l’épidémiologie du virus, les définitions de cas, la biosécurité, la gestion des échantillons et la protection des personnels de première ligne et des communautés. Dans les ateliers pratiques, les techniciens ont répété l’habillage et le déshabillage des équipements de protection individuelle, la réalisation de prélèvements sécurisés, la préparation du triple emballage réglementaire et les procédures de réception et de manipulation des échantillons au laboratoire. « Face au virus Bundibugyo, l’excellence technique n’est pas une option. Chaque geste compte, chaque procédure protège une vie », déclare la docteure Olga Ntumba, membre de l’équipe d’encadrement de l’OMS. La mission a aussi porté sur la gestion des déchets biologiques et sur les mécanismes de collecte, de transport et de référencement des échantillons. Six besoins identifiés pour que cela tienne Les équipes ont dressé la liste de ce qui manque encore pour garantir la pérennité de cette capacité : la sécurisation du site, l’amélioration de l’alimentation électrique, l’acquisition d’onduleurs pour protéger les équipements sensibles des fluctuations de courant, le renforcement des infrastructures du laboratoire, l’approvisionnement continu en réactifs et consommables, et l’amélioration des conditions de travail du personnel. « Un diagnostic moléculaire performant ne repose pas uniquement sur une machine », note l’OMS. « Il dépend aussi d’un environnement capable d’assurer sa continuité jour après jour. » Une province qui vient d’entrer dans le décompte Le calendrier donne à cette installation une portée immédiate. Le Nord-Ubangi est devenu la huitième province touchée par l’épidémie après la confirmation par l’INRB de deux cas dans la zone de santé de Wapinda, dont un décès. Une seule zone de santé sur les onze que compte la province est concernée à ce stade. « Grâce au partenariat entre le ministère de la Santé publique, l’INRB, l’OMS soutenue par ses donateurs, et les autorités provinciales, le Nord-Ubangi dispose désormais d’une capacité renforcée pour détecter rapidement une menace liée à la maladie à virus Bundibugyo », souligne la docteure Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC. « Et dans la lutte contre les épidémies, cette préparation silencieuse est souvent la meilleure victoire : celle qui prévient la crise sanitaire avant qu’elle ne commence. » À lire aussi Ebola : le Nord-Ubangi devient la huitième province touchée L’INRB met 1 000 séquences génomiques à la disposition des chercheurs Kasindi : neuf cas et quatre morts à la frontière ougandaise Ebola à Bunia : MSF prévoit de fermer le centre d’Elikiya fin octobre The post Gbadolite : le Nord-Ubangi peut désormais dépister le virus Bundibugyo sur place appeared first on BETO .