RDC : Néné Nkulu rejette la prise du pouvoir par les armes et appelle au dialogue inclusif

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 15 octobre 2026, elle appelle les acteurs politiques à privilégier les mécanismes constitutionnels et plaide pour l’organisation d’un dialogue national inclusif afin de répondre aux crises qui secouent le pays.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par l’annonce de la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), un mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président Joseph Kabila Kabange. Cette initiative suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique congolaise.
Dans sa déclaration, Néné Ilunga Nkulu insiste sur le respect de l’ordre constitutionnel comme principe fondamental de l’exercice du pouvoir. Elle estime que les ambitions politiques doivent s’exprimer par des moyens démocratiques et non par la force militaire.
L’initiatrice de l’AFBC considère que les divergences politiques ne peuvent justifier le recours à la violence armée. Elle rappelle les conséquences humaines, sociales et économiques des conflits qui ont marqué l’histoire de la RDC et met en garde contre les risques d’une nouvelle déstabilisation du pays.
« Le Congo a déjà payé un tribut humain, social et économique trop lourd », souligne-t-elle, estimant qu’il serait irresponsable d’exposer une nouvelle fois les populations aux souffrances de la guerre pour satisfaire des ambitions personnelles ou des rivalités politiques.
L’ancienne ministre appelle ainsi les dirigeants politiques, qu’ils soient en fonction ou non, à faire preuve de retenue et à privilégier les intérêts de la nation.
L’opposition démocratique distincte de la lutte armée
Néné Ilunga Nkulu tient également à distinguer son opposition à la prise du pouvoir par les armes de son positionnement à l’égard des autorités en place. Pour elle, le rejet de la violence ne signifie pas un soutien inconditionnel au pouvoir établi.
Elle défend une opposition fondée sur la critique de l’action gouvernementale, la dénonciation des éventuelles dérives et la proposition d’alternatives par des moyens pacifiques et démocratiques.
À travers cette position, l’initiatrice de l’AFBC affirme vouloir maintenir une ligne politique qui lui permette de contester la gouvernance sans cautionner les initiatives armées. Elle insiste sur la nécessité de préserver les institutions républicaines et de privilégier les voies politiques pour résoudre les différends.
Face aux tensions politiques et à la situation sécuritaire du pays, Néné Ilunga Nkulu appelle à la tenue urgente d’un dialogue national inclusif, sincère et responsable.
Selon elle, ce cadre de concertation devrait réunir les différentes composantes de la société congolaise, notamment la majorité présidentielle, l’opposition, les organisations de la société civile ainsi que les anciens dirigeants.
Elle estime que ces échanges devraient permettre d’aborder les causes profondes des crises, de rétablir la confiance entre les acteurs politiques et de renforcer l’État de droit.
Pour l’ancienne ministre, le dialogue ne devrait pas se limiter à des négociations portant sur le partage des responsabilités politiques. Il devrait plutôt constituer un espace de recherche de solutions durables aux problèmes auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.
Néné Ilunga Nkulu appelle, dans cette perspective, les responsables politiques à privilégier l’intérêt général et à renoncer aux discours susceptibles d’accentuer les divisions au sein de la population.
La République au-dessus des ambitions individuelles
Dans sa déclaration, la responsable de l’AFBC rappelle le caractère temporaire des fonctions politiques et la nécessité de préserver la continuité de l’État au-delà des alternances et des rivalités partisanes.
Elle invite ainsi les anciens et les actuels dirigeants à mesurer les conséquences de leurs décisions sur l’avenir du pays, dans un contexte où les tensions politiques et sécuritaires alimentent les inquiétudes sur la stabilité nationale.
L’AFBC se dit, par ailleurs, disposée à soutenir toute initiative crédible susceptible de contribuer à la résolution pacifique des différends et d’éviter une nouvelle tragédie en République démocratique du Congo.
À travers cet appel, Néné Ilunga Nkulu défend le recours au dialogue, le respect des règles constitutionnelles et le rejet de la violence armée comme voies privilégiées pour préserver la paix et l’unité nationale.