RDC : la BCC table sur une inflation de 6,40 % en 2027

L’inflation en République démocratique du Congo (RDC) devrait ralentir à 6,40 % à fin 2027, contre une projection de 8,90 % à fin 2026. Ces prévisions ressortent des perspectives macroéconomiques présentées par le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque Centrale du Congo (BCC), réuni le jeudi 8 octobre 2026 à Kolwezi, dans la province du Lualaba. Selon ces projections, le taux de change devrait se situer autour de 2.270,00 francs congolais pour un dollar américain à fin 2026, avant d’atteindre 2.294,20 CDF à fin 2027. Pour soutenir cette évolution, le CPM estime que le maintien d’un taux d’intérêt réel suffisamment positif devrait contribuer à contenir la progression du niveau général des prix. Cette orientation vise à préserver la stabilité monétaire et à favoriser l’amélioration du cadre macroéconomique au cours de l’année 2027. Toutefois, la Banque Centrale relève plusieurs risques susceptibles de compromettre ces perspectives. Sur le plan international, une éventuelle aggravation du conflit au Moyen-Orient ainsi que la volatilité des cours des produits de base pourraient accentuer les incertitudes économiques. Au niveau national, la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays et l’évolution défavorable de la situation sanitaire liée à la maladie à virus Ebola figurent également parmi les facteurs de risque. Ces deux contraintes sont susceptibles d’exercer des pressions supplémentaires sur les finances publiques et de compliquer la gestion du cadre macroéconomique. Face à ces incertitudes, la BCC affirme rester déterminée à surveiller l’ensemble des facteurs susceptibles de perturber la stabilité économique. Elle se réserve également la possibilité d’activer ses instruments de politique monétaire et de change en cas de nécessité. Il sied de rappeler que la politique monétaire constitue l’un des principaux leviers dont dispose la Banque Centrale du Congo pour préserver la stabilité des prix et limiter les déséquilibres monétaires. À travers ses décisions sur les taux d’intérêt et ses interventions sur le marché des changes, l’institution cherche notamment à maîtriser les tensions inflationnistes et à favoriser la stabilité du franc congolais. En RDC, l’évolution des prix et du taux de change reste sensible aux facteurs internes, notamment les dépenses publiques et l’insécurité, mais aussi aux chocs extérieurs, comme les fluctuations des cours des matières premières et les tensions géopolitiques. La concrétisation des prévisions pour 2027 dépendra donc de l’évolution de ces facteurs et de l’efficacité des mesures prises par les autorités monétaires. AGNES KAYEMBE