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Ebola au Kenya : la population entre confiance et crainte

DW Afrique · Saleh Mwanamilongo · 8 octobre 2026 · Source originale

Dans son message à la nation, le président Willian Ruto affirme que le gouvernement a rapidement identifié et isolé les personnes ayant été en contact avec le patient décédé à Nairobi .

"Nous avons pris des mesures pour garantir la sécurité de notre pays. Toutes les personnes qui ont voyagé avec ce patient ont été identifiées. Les 23 membres du personnel médical qui l'ont pris en charge à l'hôpital de Nairobi ont également été identifiés et placés en isolement. Tous les membres de sa famille qui ont été en contact avec lui ont été recensés et isolés. En tant que gouvernement, nous prenons toutes les dispositions nécessaires pour protéger la nation contre tout risque qui pourrait survenir", a rassuré Ruto.

Le gouvernement met particulièrement l'accent sur le traçage des cas contacts, considéré comme l'un des principaux outils pour briser les chaînes de transmission.

Pour soutenir cette réponse sanitaire, le Kenya a mobilisé des moyens importants. Cinq centres d'isolement totalisant 241 lits ont été préparés.

Washington a annoncé un appui de plus de neuf millions de dollars, tandis que la Banque mondiale doit également apporter un soutien financier de 400 millions de dollars, destiné à notamment renforcer la surveillance épidémiologique, les capacités de traitement et les équipements de protection.

Dans une déclaration faite ce jeudi à Nairobi, les professionnels de santé affirment que plusieurs agents, notamment dans les régions frontalières, n'ont toujours pas reçu la formation spécifique nécessaire pour faire face au virus Ebola et manquent d'équipements adaptés. Peterson Wachira est le président de l'Association des professionnels de santé publique du Kenya.

"Ebola est une maladie contagieuse, dangereuse et potentiellement mortelle. Pourtant, nous demandons à nos agents de santé de travailler sans disposer des équipements appropriés. Dans ces conditions, ils ne seront pas en mesure de maîtriser Ebola" , déplore Wachira.

Le président de l'Association des professionnels de santé publique demande au gouvernement de publier le niveau réel de préparation du pays.

Le Kenya et l'Ouganda ont ouvert une enquête épidémiologique. Mais plusieurs questions subsistent également sur le parcours du patient avant son arrivée à Nairobi. Selon le ministère kényan de la Santé, l'homme aurait reçu des soins dans plusieurs structures de santé en République démocratique du Congo, avant de transiter par l'Ouganda. Jusque-là, les autorités congolaises ne se sont pas prononcées sur ce cas.

Selon Jean-Jacques Mbungani, député national et ancien ministre congolais de la Santé, une réponse efficace à l’épidémie d’Ebola passe avant tout par une coopération renforcée entre les pays frontaliers.

"Avec des échanges de données entre les différents pays, une collaboration interpays est très, très importante et le suivi des cas contacts aussi. C'est vraiment important qu'il y ait une vigilance de tous les pays concernés, qu'il y ait un suivi de contact au niveau de ces pays à ce jour, et on aura de bons résultats dans l'avenir" , estime Mbungani.

Pour Nairobi, l'heure est désormais à la vigilance maximale. Mais pour les professionnels de santé, la meilleure défense contre Ebola reste un personnel correctement formé, protégé et capable d'agir rapidement dès les premiers signes de la maladie.

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