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À Conakry, la pénurie d’eau préoccupe les populations

DW Afrique · Mohamed Touré · 8 octobre 2026 · Source originale

Dans la capitale guinéenne , se procurer de l'eau en bouteille est devenu particulièrement difficile pour de nombreux habitants. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les habitants doivent multiplier les démarches pour trouver quelques bouteilles d'eau ou une bonbonne.

Une pénurie d'eau qui pèse particulièrement sur les familles, mais aussi sur les petits commerçants, qui dépendaient jusqu'ici de la vente d'eau conditionnée dans des sachets plastiques.

"Il n'y a pas d'eau. Ça manque beaucoup, ça fait plusieurs jours qu'on n'a pas reçu d'eau ici", a constaté Abdoulaye Diallo, commerçant à Kipé, un quartier huppé de Conakry.

Il estime que c'est l'interdiction des sachets plastiques qui est la cause : "Ça ne manquait pas avant, mais depuis qu'ils ont interdit les sachets, maintenant, on ne gagne pas assez en vendant des bouteilles. Ce matin, je me suis fatigué à appeler, mais je n'ai rien eu. Même une seule bouteille, pour l'instant, il n'y a rien. Ça fait une semaine qu'il n'y a pas d'eau."

Pour les familles, la situation est tout aussi préoccupante. Alhassane Sangaré, père de famille, ne cache pas son désarroi face à cette pénurie qui complique désormais l'accès à un produit de première nécessité.

"Le problème n'est pas à quel prix trouver de l'eau, mais où, car on ne sait plus où trouver de l'eau. Je viens de la haute banlieue, j'ai traversé plusieurs quartiers pour trouver une bonbonne. Partout où je vais, on me dit qu'il n'y a pas d'eau. À la maison, il n'y a pas d'eau. La bonbonne qui est là-bas est presque vide. Je ne sais pas comment je vais faire", a-t-il déploré.

Il dénonce la cacophonie : "La levée du moratoire, ça soulage, mais pourvu qu'on trouve des sachets. Car on avait demandé aux usines d'arrêter d'en produire. Est-ce qu'il n'y a pas un autre problème aussi qui va surgir à leur niveau ? C'est vrai, il y a eu ce moratoire, mais jusqu'à maintenant, on ne trouve pas d'eau. C'est toujours un problème."

Cette pénurie intervient après la décision des autorités guinéennes d'interdire les sachets plastiques à usage unique, dans le cadre de la lutte contre la pollution et les déchets plastiques.

Les spécialistes recommandent notamment d'accroître la production de bouteilles pour faire face à la pénurie, dans un pays pourtant surnommé le "château d'eau de l'Afrique de l'Ouest".

Mais face aux difficultés d'approvisionnement, le gouvernement a finalement décidé d'assouplir temporairement la mesure. Un moratoire de six mois a été accordé afin de permettre aux acteurs concernés de s'adapter, mais aussi de mettre en place des solutions alternatives.

"Les producteurs de sachets plastiques ont introduit un recours gracieux visant à leur permettre d'adapter leur ligne de production, d'investir dans les emballages de substitution et de mettre en place des dispositifs de collecte et de valorisation des déchets plastiques", a expliqué François Bourouno, porte-parole du gouvernement guinéen.

Le moratoire concerne uniquement les sachets utilisés pour le conditionnement de l'eau. Il ne s'applique pas aux autres emballages plastiques à usage unique, qui restent concernés par l'interdiction.

Contacté, le ministère de l'Environnement estime qu'il est encore trop tôt pour déterminer précisément quelles solutions alternatives seront retenues à l'issue des six mois de moratoire.

Les spécialistes avancent toutefois plusieurs pistes, parmi lesquelles le recours à des plastiques biodégradables. Ils insistent également sur la nécessité d'augmenter rapidement la production de bouteilles afin de pouvoir progressivement remplacer les sachets plastiques.

Pour la Guinée, l'enjeu est désormais de concilier la lutte contre la pollution plastique avec l'accès à l'eau potable, alors que les consommateurs restent confrontés à une pénurie qui touche déjà plusieurs quartiers de la capitale.

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