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Saccage du centre Ebola de Mungamba : trente mois de prison pour trois prévenus, deux acquittements

Beto.cd · Rédaction Kinshasa · 8 octobre 2026 · Source originale

Trois personnes ont été condamnées à trente mois de servitude pénale principale pour le saccage du centre de traitement d’Ebola de Mungamba, en Ituri. Le jugement a été rendu le lundi 5 octobre 2026 par le tribunal de grande instance de l’Ituri, siégeant en audience foraine à Mungamba, à environ 80 kilomètres au sud de Bunia, selon Radio Okapi. Ce que le tribunal a retenu, et ce qu’il a écarté La qualification retenue n’est pas celle que les faits suggèrent d’abord. Les trois condamnés l’ont été pour provocation et désobéissance aux lois de la République, le tribunal ayant retenu la désobéissance civile. Les chefs de vol et de destruction méchante ont été écartés pour l’ensemble des cinq prévenus. Deux d’entre eux ont été acquittés faute de preuves suffisantes. L’écart compte. La destruction méchante vise l’atteinte au bien lui-même, la désobéissance vise le refus de se soumettre à une mesure de l’autorité. Le tribunal a donc sanctionné l’opposition aux équipes plutôt que les dégâts matériels, faute d’avoir pu les imputer. « Ce jugement a une valeur pédagogique » Le président du tribunal de grande instance de l’Ituri, Romani Mulenga Kasongo, a exposé l’intention de la décision. « Ce jugement a une valeur pédagogique : il vise notamment à dissuader toute personne de s’en prendre aux équipes », a-t-il déclaré. Les avocats de la défense ont annoncé leur intention d’interjeter appel dans les délais légaux. La décision n’est donc pas définitive. Un centre pris pour cible en août Les faits remontent au mois d’août 2026. Un groupe de jeunes s’est violemment opposé aux équipes médicales intervenant à Mungamba, foyer actif de l’épidémie. Des infrastructures du centre et des équipements médicaux ont été endommagés. Cinq suspects avaient été arrêtés. Ni l’ampleur ni le coût des dégâts n’ont été rendus publics, et le jour exact du saccage n’est pas précisé. La riposte perd des structures, et pas seulement par malveillance Mungamba n’est pas un cas isolé dans la province. Un centre de transit pour patients installé sur le site de déplacés de Kigonze, à la périphérie de Bunia, a été détruit par un incendie survenu au cours d’une opération de militaires qui recherchaient des armes, selon l’Associated Press. Dix-neuf mille personnes ont été évacuées du site. Les deux pertes n’ont pas la même cause, mais elles produisent le même effet sur une riposte où les centres de traitement arrivent déjà à saturation . La résistance communautaire, elle, est un paramètre ancien de cette épidémie. La CENCO et Caritas ont réuni début octobre les confessions religieuses pour tenter de la réduire , et une létalité de 48,2 % a été constatée à Bunia par le conseiller scientifique en chef du ministère britannique du développement . Une décision rendue en audience foraine Le choix de siéger sur place n’est pas secondaire. L’audience foraine déplace la juridiction vers le lieu des faits, ce qui permet d’entendre les témoins sans les faire voyager et rend la décision visible pour la population concernée. C’est aussi l’un des rares points où la justice congolaise se rend tangible dans les zones rurales de l’est, alors que le ministre de la Justice a fait de la crédibilité de l’appareil judiciaire son chantier central . À lire aussi La saturation des lits dans les centres de traitement Près d’un malade sur deux en meurt, ce que Londres a constaté à Bunia CENCO et Caritas face à la résistance communautaire Ngefa veut restaurer la crédibilité de la justice The post Saccage du centre Ebola de Mungamba : trente mois de prison pour trois prévenus, deux acquittements appeared first on BETO .

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