Afrique : l’EAC chiffre à 45 millions USD ses besoins pour renforcer sa capacité de riposte aux épidémies des maladies infectieuses dans la région

La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) veut accélérer les investissements dans la préparation aux épidémies. Face à la multiplication des risques liés aux maladies infectieuses à fort impact, l’organisation régionale estime à 45 millions de dollars américains les ressources nécessaires pour renforcer la capacité des États partenaires à prévenir et gérer les flambées d’Ebola et d’autres fièvres hémorragiques virales. C’est ce qu’indique un communiqué de presse daté du 22 septembre 2026. L’annonce de l’EAC intervient alors que l’organisation intensifie la formation des professionnels de santé et le déploiement d’infrastructures de diagnostic dans ses huit États partenaires. Une stratégie qui traduit la volonté de renforcer les capacités sanitaires régionales, mais aussi de limiter les conséquences économiques des crises épidémiques sur les populations, les échanges et les activités transfrontalières. « Alors que la région continue de faire face à des flambées récurrentes de maladies hautement infectieuses telles que la maladie à virus Ebola, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) intensifie ses efforts afin de s’assurer que chaque État partenaire dispose de professionnels de santé de première ligne dotés des capacités nécessaires pour détecter, contenir et prendre en charge cliniquement les maladies infectieuses à fort impact, notamment Ebola. », renseigne le communiqué. « Dans le cadre de ces efforts, l’EAC, avec le soutien du Gouvernement allemand, a réuni 120 médecins, infirmiers et autres professionnels de santé de première ligne issus des huit États partenaires de l’EAC pour une formation spécialisée organisée cette semaine à Nairobi, au Kenya. Cette formation vise à renforcer les capacités de préparation et de riposte face aux flambées de maladies infectieuses à fort impact. », précise la source. 4,8 millions d’euros supplémentaires de l’Allemagne La source renseigne que dans le cadre de cette mobilisation, l’Allemagne a annoncé un financement supplémentaire de 4,8 millions d’euros en faveur des efforts de préparation et de riposte de l’EAC face à Ebola. A en croire l’EAC, cette contribution doit notamment financer la formation de 500 agents de santé de première ligne, des campagnes de sensibilisation destinées à 15.000 personnes dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi que l’acquisition de 20.000 équipements de protection individuelle. Le financement doit également soutenir l’enregistrement de nouveaux vaccins contre Ebola dans les États partenaires de l’EAC, notamment les vaccins ciblant le virus Bundibugyo, sous réserve de leur approbation par l’Organisation mondiale de la santé. Pour l’EAC, ces investissements doivent contribuer à réduire le temps nécessaire pour détecter et contenir une flambée, un facteur déterminant dans la maîtrise de son coût humain et économique. Au-delà de la formation du personnel, l’EAC investit dans les capacités de diagnostic. L’organisation dispose actuellement d’un réseau de 10 laboratoires mobiles répartis dans sept États partenaires. Ces unités sont notamment déployées à Beni, Busia, Nimule-Elegu, Kobero et Bwera. Elles ont été mobilisées lors de plusieurs crises sanitaires, notamment celles liées à Ebola, Marburg, à la COVID-19 et à la Mpox. L’ambition affichée est désormais de porter le réseau à 34 laboratoires mobiles d’ici fin 2027. Cette extension vise à rapprocher les capacités de diagnostic des zones à risque et des principaux points d’entrée de la région. Elle constitue également un investissement dans les infrastructures sanitaires transfrontalières, alors que les déplacements de personnes et de marchandises rendent nécessaire une coordination accrue entre les pays de l’EAC. La formation, un investissement dans le capital humain Parallèlement aux infrastructures, la région cherche à renforcer son capital humain. Au total, 120 médecins, infirmiers et autres professionnels de santé issus des huit États partenaires participent cette semaine à Nairobi (Kenya), à une formation spécialisée consacrée aux maladies infectieuses à fort impact. L’initiative est menée dans le cadre du programme Training in the East African Community for High-Consequence Infectious Diseases (tEACh), mis en œuvre conjointement par l’EAC et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ). La formation, organisée au Centre Aga Khan pour l’éducation médicale innovante, associe des experts de Charité – Universitätsmedizin Berlin, des cliniciens d’Afrique de l’Est formés comme formateurs, des représentants des Centres nationaux des opérations d’urgence ainsi que l’OMS. L’objectif dépasse la formation des participants. Ceux-ci doivent ensuite pouvoir transmettre leurs compétences à d’autres professionnels dans leurs pays respectifs, afin de créer un effet multiplicateur et de maintenir les capacités disponibles au-delà des périodes de crise. La santé comme enjeu économique régional Pour l’EAC, l’enjeu est donc de disposer d’un dispositif régional capable de fonctionner rapidement lorsqu’une épidémie survient. « Une riposte efficace à une maladie infectieuse à fort impact dépend de personnes formées, des équipements appropriés et de systèmes capables de fonctionner au-delà des frontières », explique Burkard Kömm, responsable du programme de la GIZ consacré au soutien à la préparation aux pandémies dans la région de l’EAC. Cette approche s’inscrit dans un contexte où les crises sanitaires peuvent perturber les échanges commerciaux, les déplacements et les chaînes d’approvisionnement. La capacité à diagnostiquer rapidement une maladie et à coordonner la réponse entre pays constitue ainsi un enjeu qui dépasse le seul secteur de la santé. Pour Dr Dorcas Omukhulu, directrice par intérim chargée des secteurs sociaux à l’EAC, la coopération régionale doit permettre aux États partenaires de disposer d’un vivier commun de professionnels capables de détecter, prendre en charge et contenir les flambées épidémiques. Avec un besoin estimé à 45 millions de dollars, l’EAC cherche désormais à mobiliser davantage de ressources auprès des partenaires au développement et des autres parties prenantes. Le financement allemand de 4,8 millions d’euros représente une nouvelle contribution à cet effort, mais l’organisation considère que des investissements supplémentaires restent nécessaires pour atteindre ses objectifs régionaux. Les activités du programme tEACh doivent se poursuivre jusqu’en novembre 2026. À terme, l’EAC veut disposer d’un réseau régional durable d’experts cliniques, de formateurs et d’infrastructures capables de répondre rapidement aux épidémies. Pour la Communauté d’Afrique de l’Est, la préparation sanitaire apparaît ainsi de plus en plus comme un investissement dans la résilience régionale : investir en amont dans les compétences, les équipements et les systèmes de diagnostic doit permettre de mieux contenir les crises lorsqu’elles surviennent et de limiter leurs perturbations sur les économies de la région. Olivier KAFORO
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