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Friedrich Merz garde le cap malgré les défaites électorales

DW Afrique · Sandrine Blanchard · 21 septembre 2026 · Source originale

En Allemagne , pas question de jeter l'éponge pour le chancelier. Friedrich Merz promet le maintien de son gouvernement, une coalition de son parti, la CDU , avec les sociaux-démocrates du SPD . Au nom de l'"avenir démocratique" du pays.

Pourtant, le camp conservateur, celui de Friedrich Merz , a subi hier [22.09.26] de nouveaux revers électoraux cinglants, dans deux régions, où il a été devancé par l' AfD , d' extrême droite , et la gauche radicale de Die Linke.

Friedrich Merz n'est à la tête du gouvernement fédéral que depuis seize mois. Et déjà, son parti, la CDU, a subi une série de défaites électorales dans les urnes, lors de scrutins régionaux.

Les deux derniers en date sont ceux de Berlin, où les chrétiens-démocrates, avec 18,8 % des voix, ont été largement devancés par Die Linke, le parti de la gauche radicale, qui obtient 25,7 % des suffrages. La droite risque donc de perdre la mairie de la capitale.

Mais c'est surtout dans le Mecklembourg-Poméranie que la CDU a enregistré une défaite cuisante puisqu'elle n'atteint pas la barre des 5 % des suffrages, ce qui signifie que pour la première fois depuis l'Après-guerre, la CDU ne sera pas représentée dans un Parlement régional.

Ce résultat est bien pire que la défaite déjà qualifiée d'"historique" enregistrée par la CDU début septembre en Saxe-Anhalt… avec un peu plus de 17 % des voix.

Une partie de la CDU rend le chancelier responsable de l'effondrement du parti. Sa cote de popularité a dégringolé à 17 % la semaine dernière. Il se pourrait que la CDU se scinde, à terme, en deux, un peu comme la droite en France, avec d'un côté un centre-droit susceptible de s'allier avec le SPD et de l'autre une aile plus dure prête à rejoindre la droite radicale.

Déjà, certains conservateurs questionnent la légitimité d'un "cordon sanitaire" pour opposer un barrage absolu à l'AfD , alors qu'elle obtient des scores toujours meilleurs dans les urnes.

Quoi qu'il en soit, face aux deux derniers camouflets, le chancelier a pris la parole dès dimanche soir, chose rare pour une élection au niveau d'un Land.

"Nous ne pouvons pas minimiser le résultat dans le Mecklembourg-Poméranie , a déclaré le chancelier . C'est un désastre. La CDU s'est battue, mais elle a fini par être écrasée dans la confrontation entre le SPD et l'AfD."

Pourtant, Friedrich Merz veut continuer sur la même voie, en tant que chancelier et en tant que chef du parti. Il entend mener à bien les réformes impopulaires qu'il a annoncées, notamment celle des retraites : "La seule réponse qui vaille ne peut être que de préparer notre pays pour l'avenir. (...) Je souhaite que notre pays retrouve confiance en ses propres forces. Je souhaite que, dans notre pays, la promesse d'ascension sociale et de prospérité s'applique à tous, et surtout, aux jeunes."

Friedrich Merz adopte là une sorte de posture sacrificielle. Il se montre prêt à maintenir le cap dans la tempête, au nom d'une cause plus importante que sa propre personne… les réformes.

"Bien que nous soyons confrontés à de vives critiques internes au sein du parti chrétien-démocrate, il n'y a actuellement aucun candidat alternatif disposé à devenir chancelier , analyse le politologue Wolfgang Muno, de l'Université de Rostock, et il est certain que la coalition entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates ne se rompra pas. Ils n'abandonneront pas. Cela signifierait de nouvelles élections, et de nouvelles élections seraient vraiment, vraiment désastreuses pour les deux partis."

Quant aux électeurs, ils ont choisi lors des dernières élections régionales les deux partis les plus éloignés de la CDU sur le papier : Die Linke et l'AfD.