RDC : les armes blanches, une menace pour les droits humains

En République démocratique du Congo , la présence d’armes blanches lors des manifestations devient de plus en plus inquiétante. Machettes, haches, bêches ou encore barres de fer sont régulièrement visibles dans les rangs des manifestants.
Un phénomène observé aussi bien dans les manifestations de l’opposition que dans celles des partis proches du pouvoir. Une dérive qui contribue à l’escalade des violences et a été observée lors des incidents meurtriers de la dernière manifestation du 15 septembre, organisée par l’opposition. Ce que dénoncent les organisations de la société civile et les défenseurs des droits humains.
Les manifestations ont toujours été accompagnées de violences en RDC. Mais un phénomène plus récent, la présence d’armes blanches, vient aggraver la situation.
La société civile estime que les organisateurs doivent davantage encadrer leurs militants. Elle appelle aussi l’Etat congolais à renforcer les mesures de prévention.
" Nous sommes tous inquiets de constater que dans les deux camps, il y a irruption dans les rangs des manifestants, de machettes, de pierres... Nous pensons que la faute appartient aux organisateurs de la manifestation, et aussi à l’Etat congolais qui n’arrive pas à faire signer, aux organisateurs, des documents qui certifient qu’ils n’useront pas d’armes blanches ", insiste Jonas Tshiombela, coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise.
Les défenseurs des droits humains refusent d'attribuer la responsabilité à une seule partie. Le Cadre de concertation des droits humains en RDC rappelle que cette escalade de la violence est une menace pour la défense des droits humains .
" L’impact de ce phénomène est négatif pour la promotion des droits humains en République démocratique du Congo, pays membre du conseil des droits de l'Homme de l’Onu. Par ailleurs, le s responsabilités sont partagées entre les manifestants qui doivent marcher dans la non-violence d’un côté et l’Etat congolais qui a l’obligation régalienne de garantir pleinement la sécurité des personnes et de leurs biens" , explique Alex Welo, président exécutif du cadre de concertation des droits humains en RDC.
Dans une interview avec la Deutsche Welle , le Général Israel Kantu, commandant de la police pour la ville de Kinshasa, rejette toute responsabilité, surtout lors de la dernière marche de la coalition d’opposition Article 64 (C64), la semaine dernière (15.09.26).
Une manifestation qui a provoqué la mort d’au moins une personne et qui a fait plusieurs blessés. Le Général Israel Kantu qui se trouvait sur le terrain affirme avoir été blessé par un projectile lors de ces manifestations qui ont dérivé.