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XX : Délirium, Fally Ipupa revisite vingt ans de rumba dans un album monumental

Beto.cd · Rédaction Kinshasa · 20 septembre 2026 · Source originale

XX : Délirium , le nouvel album de Fally Ipupa , est sorti le 18 septembre 2026 avec cinquante et une chansons pour raconter vingt ans de carrière solo. L’artiste ne cherche pas la concision. Il construit un vaste panorama de sa rumba, depuis les sonorités de Droit chemin jusqu’aux expérimentations plus récentes de Formule 7 . Sur le papier, la longueur du projet pouvait faire craindre un album surchargé. À l’écoute, cette démesure apparaît plutôt comme une ambition pleinement assumée. À retenir XX : Délirium est sorti le 18 septembre 2026 et compte cinquante et une chansons. L’album rejoue la discographie de Fally Ipupa, de Droit chemin à Formule 7 , dans des arrangements contemporains. Il s’ouvre à d’autres traditions africaines avec « Miss Lolo », reprise de l’Ivoirien Meiway, et au rythme luba avec « Ché de Ché ». Cinq titres se détachent : « Délirium », « Dynastie KO », « Alikey », « Minuit » et « Mo perso ». Une autobiographie musicale en cinquante et une chansons XX : Délirium fonctionne comme une autobiographie musicale. Fally Ipupa revisite les différentes périodes de sa carrière et les présente sous une forme plus moderne, sans effacer leur identité originelle. « Alikey » fait ainsi réapparaître la rumba sentimentale de Droit chemin , Arsenal de belles mélodies , Power « Kosa Leka » ou encore Control . « Dynastie KO », portée par une guitare solo particulièrement présente dans sa dernière partie, rappelle davantage l’univers de Formule 7 . « Alikey » et « Orgazy » : Fally Ipupa rejoue Droit chemin Cette relecture du passé est encore plus explicite dans « Orgazy », version modernisée d’un morceau issu de Droit chemin . L’artiste ne se contente pas de ressortir une ancienne chanson : il l’habille d’arrangements contemporains et mesure, par la même occasion, le chemin parcouru depuis ses débuts en solo. « Miss Lolo » avec Meiway, « Ché de Ché » et le rythme luba Fally ouvre également son univers à d’autres traditions musicales africaines. Dans « Miss Lolo », il reprend le morceau du chanteur ivoirien Meiway, qu’il salue par la dédicace « La légende Meiway ». Le titre fait dialoguer la rumba congolaise avec le zoblazo ivoirien. « Ché de Ché », dédiée à Souley Kauka, conseiller de l’artiste et mécène bien connu du milieu musical congolais, se distingue quant à elle par son rythme luba. « Délirium », le sommet de l’album Au centre du projet, « Délirium » apparaît comme l’une des compositions les plus abouties. Le piano, le tambour et la guitare basse rappellent par moments « Amour Assassin », morceau de l’album Power « Kosa Leka » . Une voix féminine envoûtante introduit la chanson avant de laisser place à des chœurs harmonieux et à un Fally Ipupa parfaitement installé dans son registre. En cinq minutes et six secondes, le titre condense l’élégance, la sensualité et la maîtrise acquises au cours de ses vingt années de carrière. « Mo perso » et « Faya Benz », la part la plus neuve L’album ne repose cependant pas uniquement sur la nostalgie. « Mo perso » apporte une coloration plus nouvelle, quelque part entre rumba et pop. Son refrain répétitif, « Mo perso ! Mo perso ! Mo perso ! », lui donne une efficacité immédiate. « Faya Benz », construit sur un rythme proche de celui de « Kitamata », privilégie la danse, avec une guitare solo qui accompagne et prolonge la voix du chanteur. « Advienne que pourra » assume, pour sa part, une proximité avec le tchatcho popularisé par Koffi Olomidé . Une démesure conforme au temps de la rumba Avec cinquante et une chansons dont plusieurs durent cinq, six, sept ou parfois huit minutes, XX : Délirium exige une véritable disponibilité. Mais cette longueur correspond au langage de la rumba congolaise. Celle-ci a besoin de temps pour installer le récit amoureux, développer les lignes de guitare, faire intervenir les chœurs et conduire progressivement l’auditeur vers le générique. Certains morceaux trouvent précisément leur force dans cette lenteur. « Minuit » figure parmi les chansons les plus douces du projet. La voix suave de Fally domine une guitare délicate et un piano discret. « Je n’aime que toi » évolue dans une atmosphère comparable à celle de « Délirium », tandis que « Crime passionnel », dédiée à David Mangaya, replace l’artiste dans son registre intemporel : celui d’un homme qui transforme les blessures, les contradictions et les excès de l’amour en longues histoires chantées. L’album reste traversé par une même matrice rythmique : celle de la rumba développée par Fally Ipupa depuis le début de sa carrière solo, mais aussi celle de l’école du Quartier Latin de Koffi Olomidé. Cette continuité peut donner une impression d’uniformité à un auditeur peu habitué au genre. Elle ne signifie toutefois pas que les cinquante et une compositions sont identiques. Les variations se trouvent dans les arrangements, les guitares, les chœurs, les rythmes régionaux et les différentes manières de traiter le sentiment amoureux. Les cinq titres à écouter en premier XX : Délirium est donc moins victime de sa démesure qu’il n’en fait une déclaration artistique. Fally Ipupa ne cherche pas à rompre avec son passé : il le rassemble, le modernise et le transforme en spectacle. L’album aurait certainement gagné en accessibilité avec une sélection plus courte, mais il aurait peut-être perdu ce qui constitue sa raison d’être : offrir une célébration monumentale de la rumba et des vingt ans de carrière de son auteur. Au terme de cette traversée, « Délirium », « Dynastie KO », « Alikey », « Minuit » et « Mo perso » se détachent comme les premiers sommets du projet. Cinquante et une chansons plus tard, Fally Ipupa ne réinvente pas entièrement sa rumba. Il démontre plutôt qu’il peut encore la revisiter, la moderniser et l’étendre sans la priver de son identité. Odon Bakumba À lire aussi Rumba 2026 : Fally, Ferré et Koffi, qui domine cette année ? La musique congolaise rapporte, mais ses auteurs ne touchent presque rien Flamme Kapaya réclame à Werrason ses droits sur plusieurs œuvres The post XX : Délirium, Fally Ipupa revisite vingt ans de rumba dans un album monumental appeared first on BETO .

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