Les survivants d'Ebola confrontés aux stigmatisations après leur guérison

Si la guérison d'Ebola met fin à la maladie, elle ne met pas toujours fin aux souffrances. En République démocratique du Congo, de nombreux survivants continuent de faire face à l'exclusion sociale, à la méfiance de leur entourage et à des difficultés économiques, selon Médecins Sans Frontières (MSF).
Dans un communiqué consacré à l'accompagnement psychosocial des personnes touchées par l'épidémie, l'organisation humanitaire souligne que le retour à la vie quotidienne demeure difficile pour certains anciens patients.
D'après Phoebe Zueya Yonkeu, responsable des activités de santé mentale au centre de traitement de MSF à Mongbwalu, plusieurs survivants rapportent avoir été victimes de discrimination après leur sortie des structures de soins.
« Beaucoup confient avoir été victimes de stigmatisation lorsqu'ils sont rentrés chez eux, avoir perdu leur emploi ou avoir été rejetés par leur communauté, qui les croyait encore contagieux », indique-t-elle.
Outre la stigmatisation, certains survivants doivent faire face aux séquelles émotionnelles laissées par la maladie. La perte de proches durant l'épidémie engendre parfois un profond sentiment de culpabilité et de détresse psychologique.
Selon MSF, certains patients en viennent à s'interroger sur leur rôle dans la transmission du virus à leur entourage, malgré les circonstances souvent indépendantes de leur volonté.
Un accompagnement pour favoriser la réinsertion
Pour aider les survivants à surmonter ces difficultés, MSF organise des consultations psychologiques individuelles ainsi que des groupes de parole destinés aux patients et à leurs familles.
L'organisation estime que cet accompagnement est essentiel pour favoriser la reconstruction psychologique des survivants et faciliter leur réintégration dans la communauté après leur guérison.