Avec El Niño, l’Afrique craint le pire

De nombreux pays du continent se préparent à un puissant épisode météorologique, qui pourrait provoquer, selon les régions, de sévères inondations ou, au contraire, des sécheresses.
Depuis plusieurs mois, de nombreux experts, mais aussi l’ONU, alertent de l’arrivée d’un événement climatique particulièrement intense. « El Niño prend des proportions gigantesques sous nos yeux, a déclaré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Les données scientifiques ne laissent place à aucun doute. »
Ce phénomène climatique se produit tous les deux à sept ans. Dans l’océan Pacifique, des températures anormalement élevées de l’eau et des alizés qui s’affaiblissent créent les conditions d’une perturbation des courants atmosphériques de la planète. Elle provoque, selon les régions du globe, sécheresses, tempêtes, inondations, crues ou glissements de terrain. Cette fois-ci, les prévisions tablent sur un phénomène climatique de grande ampleur, le plus fort jamais observé. El Niño devrait se renforcer au cours des prochains mois avant d’arriver à son apogée en fin d’année 2026 avec des impacts toujours ressentis en 2027.
« Plusieurs régions de l’Afrique de l’Est à l’Ouest, en passant par l’Afrique centrale, sont exposées à des impacts significatifs », prévient Christophe Lavaysse, directeur de recherche à l’Institut des géosciences de l’environnement et conseiller scientifique sur le changement climatique auprès de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
Le phénomène observé en Afrique n’est pas un impact direct d’El Niño, comme en Asie du Sud-Est ou en Amérique du Sud, mais ce sont des effets indirects appelés « téléconnexions » qui se produisent par des décalages de la circulation générale atmosphérique du fait d’une grosse masse d’air déplacée dans l’océan Pacifique. Elle altère les grandes circulations atmosphériques et va notamment décaler les ceintures de précipitation. Cela peut avoir des impacts multiples : des inondations aussi bien que des sécheresses.
En Afrique de l’Est, le dernier bulletin émis en août par l’ICPAC (centre de prévision et d’applications climatiques régional) prévoit une saison des pluies, d’octobre à décembre, plus intense que la normale. « Les températures actuelles de la surface de la mer dans l’océan Pacifique indiquent qu’El Niño s’est installé et devrait encore se renforcer au cours du reste de l’année », précise le bulletin.