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Rencontre envisagée avec Kabila à Goma : Shabani met en garde la C64 contre des poursuites pénales

Beto.cd · Rédaction Kinshasa · 5 novembre 2026 · Source originale

Le projet de déplacement des dirigeants de la C64 à Goma suscite une mise en garde du gouvernement. Dans une interview accordée mercredi 4 novembre à Stanis Bujakera Tshiamala, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a estimé que des contacts avec l’ennemi dans un territoire occupé nécessitaient l’autorisation préalable de l’exécutif. « Personne ne peut se permettre d’entrer en contact avec l’ennemi dans un territoire occupé sans l’accord du gouvernement. Sinon, il tombe sous le coup de la sanction pénale », a-t-il déclaré. Pour appuyer cet avertissement, le ministre a invoqué l’article 192 du Code pénal. Selon le rappel qu’il en a fait, cette disposition prévoit de un à cinq ans de servitude pénale pour quiconque entretient, en temps de guerre et sans autorisation gouvernementale, une correspondance ou des relations avec les sujets ou les agents d’une puissance ennemie, directement ou par intermédiaire. Shabani n’a pas écarté d’éventuelles poursuites contre les responsables de la coalition : « Nous sommes une République, nous avons un Code pénal. Ce sont des lois, et elles s’appliquent. » Shabani réitère ses accusations contre Joseph Kabila Le vice-Premier ministre fonde sa position sur les liens qu’il attribue à Joseph Kabila avec les forces impliquées dans le conflit dans l’est de la RDC. Revenant sur le séjour de l’ancien président à Goma, initialement présenté comme une démarche de paix, il l’a accusé d’être « le réel patron des supplétifs de l’armée rwandaise sur le territoire congolais ». Ces accusations constituent le fondement politique de sa mise en garde contre la rencontre envisagée par la C64. Jacquemin Shabani a également annoncé que son ministère s’apprêtait à saisir les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Il entend les informer du projet des dirigeants de la coalition et interpeller les élus issus de leurs formations politiques. Le ministre souhaite que ces parlementaires prennent leurs responsabilités face à ce qu’il qualifie d’« initiatives coupables ». L’avertissement vise notamment Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga. Il ne constitue toutefois pas une décision judiciaire établissant leur culpabilité. Une éventuelle procédure devrait examiner les faits reprochés et les conditions d’application de la disposition invoquée, sans assimiler automatiquement une rencontre politique à l’infraction dénoncée. La C64 défend des consultations à Kinshasa puis à Goma À l’issue de son conclave organisé à Rome du 25 au 27 octobre 2026, la C64 avait annoncé son intention de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour rechercher une issue à la crise politique et sécuritaire. Dans un entretien accordé le 4 novembre à Jeune Afrique , Moïse Katumbi a précisé que les consultations commenceraient à Kinshasa, auprès du chef de l’État, avant de se poursuivre à Goma. Il a assuré qu’elles se dérouleraient « au vu et au su de tous », précisant qu’Augustin Matata Ponyo et lui, actuellement en exil, rejoindraient leurs compagnons à Goma sans participer à l’étape de Kinshasa. La coalition présente cette démarche comme une contribution à un dialogue national inclusif, estimant qu’une solution militaire ne peut durablement résoudre la crise. Le gouvernement oppose à cette initiative ses exigences sécuritaires et les dispositions pénales invoquées par le ministre. Jacquemin Shabani affirme néanmoins que la porte du dialogue avec la classe politique reste ouverte, rappelant les initiatives engagées par Félix Tshisekedi pour rencontrer les différentes forces politiques. Christian T. ÉZÉCHIEL The post Rencontre envisagée avec Kabila à Goma : Shabani met en garde la C64 contre des poursuites pénales appeared first on BETO .

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