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FMI : ce que Kinshasa doit livrer en échange des 771 millions

Beto.cd · Rédaction Kinshasa · 4 novembre 2026 · Source originale

Le Fonds monétaire international a publié le 4 novembre 2026 un communiqué de fin de mission sur la quatrième revue de la Facilité élargie de crédit et la troisième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité. Le texte ne mentionne aucun montant. Les 771 millions de dollars et les 240 millions destinés à la riposte contre Ebola figurent dans la publication du ministre des Finances , parue le même jour. Le communiqué énumère les mesures que la mission demande aux autorités congolaises. Le Conseil d’administration du Fonds les examinera en décembre 2026, en même temps que la demande d’augmentation de l’accès aux ressources au titre des deux facilités. La mission écrit : « Une prudence et une coordination renforcées dans la conduite des politiques budgétaire et monétaire, ainsi qu’une accélération des réformes sont essentielles pour sauvegarder la stabilité macroéconomique et jeter les bases d’une croissance plus inclusive et durable. » Les demandes sur les finances publiques Le Fonds écrit que « des progrès additionnels en matière de modernisation de la gestion des finances publiques sont nécessaires pour renforcer la transparence et l’efficacité dans l’utilisation des ressources publiques ». Il demande de limiter le recours aux procédures en urgence, de poursuivre l’extension de la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses à d’autres ministères, de finaliser le déploiement du compte unique du Trésor, et de rationaliser les fonds spéciaux et les établissements publics en alignant leur gestion sur le règlement général de la comptabilité publique. Sur l’exécution de la dépense, les dépenses de fonctionnement de l’État dépassaient leurs crédits au 30 avril 2026, l’équipement étant exécuté à 0,24 % . Au premier semestre 2026, les biens et services ont été exécutés à 186 % . Sur le compte unique du Trésor, le porte-parole du gouvernement a demandé en octobre la redevabilité sur 2,9 milliards de dollars de la riposte contre Ebola qui ne transitent pas par le Trésor public . Sur les établissements publics, l’appel à candidatures pour les mandataires publics lancé en août 2026 reposait sur un arrêté qui n’a pas été publié . Les demandes sur le budget 2026 Le Fonds écrit que le déficit budgétaire intérieur à fin juin 2026 a été contenu sous le plafond programmé, et que « des difficultés apparaissent pour l’exécution du budget pour le reste de l’année ». Il demande de résorber les retards accusés dans la mise en œuvre des mesures d’accroissement des recettes prévues au budget 2026, de mieux maîtriser la masse salariale et de rationaliser les dépenses moins prioritaires. Le communiqué n’assortit ces demandes d’aucune cible chiffrée ni d’aucune échéance. Sur les recettes, Doudou Fwamba a chiffré devant l’Assemblée nationale les recettes du pouvoir central mobilisées en 2025 à 41 979 milliards de francs sur 50 691 prévus, les recettes internes atteignant 98 % de leur assignation et les ressources extérieures 54 % . L’arrêté interministériel du 20 juillet 2026 qui fixait un barème en dollars pour les plateformes numériques a été suspendu le 1er août . Sur les dépenses, le projet de budget 2027 affecte 6 614 des 7 472 milliards de francs de dépenses exceptionnelles à la sécurité, et situe la défense et le social autour de 14 100 milliards chacun, soit 55 % des allocations . Gouvernance et secteur minier Le Fonds salue le retrait de la RDC de la liste grise du Groupe d’action financière, qui atteste selon lui de progrès importants dans le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et appelle à consolider et pérenniser ces acquis. Il demande aux autorités de renforcer la gouvernance et la lutte contre la corruption, et d’améliorer l’environnement des affaires. Au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, le Fonds enregistre l’adoption du projet de loi révisant le Code forestier, celle du projet de loi révisant la loi sur les partenariats public-privé en y intégrant les incidences climatiques, et la finalisation puis la publication de l’audit de performance du Fonds forestier national. Il demande de renforcer le cadre juridique pour un respect plus strict des normes environnementales et sociales dans le secteur minier, et de maintenir le cap sur les autres mesures de réforme dans les délais impartis. Le ministre des Droits humains a relancé le 20 octobre 2026 le Plan d’action national sur les entreprises et les droits humains , en annonçant que la traçabilité des ressources naturelles devra intégrer les conditions humaines de leur exploitation. Politique monétaire Le Fonds projette une inflation en glissement annuel proche de 9 % à fin décembre 2026, sous l’effet du renchérissement des produits pétroliers et des denrées alimentaires. Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo a maintenu le taux directeur à 12,5 % en octobre 2026. La mission encourage la Banque centrale à rester vigilante et à se tenir prête à resserrer la politique monétaire si les anticipations inflationnistes venaient à se désancrer, compte tenu des incertitudes liées à Ebola et à la guerre au Moyen-Orient. La cible d’inflation retenue par le budget rectificatif 2026 était de 3,5 %, et le cumul atteignait 6 % au 8 août . Sur la croissance, le Fonds écrit qu’elle « a quelque peu ralenti en 2026 », l’activité subissant les répercussions de l’épidémie d’Ebola et des difficultés rencontrées au niveau de deux grandes mines, qu’il ne nomme pas. Elle est attendue au-dessus de 5 % en 2026 et à moyen terme. Le calendrier de décembre L’examen du dossier par le Conseil d’administration du Fonds est prévu en décembre 2026. L’accord signé à Washington le 4 décembre 2025 donne douze mois aux autorités congolaises pour créer une Autorité fiscale centralisée , soit une échéance au 4 décembre 2026. Cet accord limite le périmètre de cette autorité à la fiscalité des entreprises minières ; le Conseil des ministres l’a présentée comme le levier d’une réforme de l’ensemble du système de recettes publiques. Le Fonds précise que les conclusions de la mission sont préliminaires, qu’elles donneront lieu à un rapport soumis au Conseil d’administration pour examen et décision, et que les avis exprimés dans un communiqué de fin de mission sont ceux de ses services. Le communiqué ne chiffre pas l’augmentation d’accès demandée pour chacune des deux facilités, ni les nouveaux plafonds de déficit proposés pour 2026 et 2027. Rédaction À lire aussi RDC : Fwamba annonce 771 millions de dollars du FMI en décembre, dont 240 pour la riposte Ebola Autorité fiscale centralisée : ce que l’accord avec Washington prévoit vraiment Budget 2027 : défense et social à parité, et 88 % des dépenses exceptionnelles pour la sécurité The post FMI : ce que Kinshasa doit livrer en échange des 771 millions appeared first on BETO .

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