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RDC: Fwamba annonce 771 millions de dollars du FMI en décembre, dont 240 pour la riposte Ebola

Beto.cd · Rédaction Kinshasa · 4 novembre 2026 · Source originale

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi , a annoncé le mercredi 4 novembre 2026 que le gouvernement congolais et les services du Fonds monétaire international sont parvenus à un accord sur la quatrième revue de la Facilité élargie de crédit et la troisième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité . Il y voit « une nouvelle étape dans la mise en œuvre de notre programme économique et financier ». Sous réserve des approbations requises, il annonce un décaissement attendu d’ environ 771 millions de dollars , dont environ 240 millions destinés au plan de riposte contre Ebola pour la phase 2026 , soit près d’un tiers de l’enveloppe. L’examen du dossier par le Conseil d’administration du Fonds est prévu à la mi-décembre. Le ministre avance deux résultats, obtenus selon lui « malgré les chocs sécuritaires, sanitaires et internationaux » : les services du Fonds prévoient une croissance supérieure à 5 % en 2026 et à moyen terme, et le déficit budgétaire intérieur à fin juin 2026 a été contenu sous le plafond programmé. « La confiance se gagne par les résultats », écrit-il. Le communiqué de fin de mission publié le même jour par le Fonds permet de vérifier chacun de ces points, et d’en ajouter plusieurs. La mission, conduite par Calixte Ahokpossi , chef de mission pour la RDC, a travaillé du 22 octobre au 4 novembre, soit quatorze jours. Le Fonds situe l’examen par son Conseil d’administration en décembre 2026, sans préciser la quinzaine, et parle d’un accord « préliminaire » soumis à sa Direction générale autant qu’à son Conseil. Le Fonds place la revue sous le signe de trois chocs : les répercussions du conflit armé dans l’Est du pays, la résurgence d’Ebola et la guerre au Moyen-Orient. Il en tire une recommandation d’ensemble, qui est sa phrase la plus directive : « Une prudence et une coordination renforcées dans la conduite des politiques budgétaire et monétaire, ainsi qu’une accélération des réformes sont essentielles pour sauvegarder la stabilité macroéconomique et jeter les bases d’une croissance plus inclusive et durable. » Deux fois le montant de juin Le chiffre annoncé par le ministre prend son sens par comparaison. Le 30 juin 2026, en achevant la troisième revue de la Facilité élargie de crédit et la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité, le Conseil d’administration avait débloqué 348,5 millions de dollars : 190,4 millions de droits de tirage spéciaux pour la première, 66,6 millions pour la seconde. Le total décaissé au titre de la Facilité élargie de crédit atteignait alors environ 1,03 milliard de dollars. Les 771 millions annoncés pour décembre représentent donc plus du double de la tranche de juin. Le communiqué du Fonds explique pourquoi : le gouvernement n’a pas seulement demandé le décaissement programmé, il a sollicité une augmentation de l’accès aux ressources au titre des deux facilités. Ce que le gouvernement a demandé Le Fonds énonce la demande congolaise en trois volets. Un assouplissement des plafonds fixés sur le déficit budgétaire pour 2026 et 2027 . Une augmentation de l’accès au titre de la Facilité élargie de crédit, pour faire face aux coûts additionnels de la riposte contre Ebola et aux besoins de financement extérieur qui y sont liés. Une augmentation de l’accès au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, afin d’atténuer les risques macrobudgétaires liés aux chocs sanitaires en renforçant le dispositif de préparation et de riposte aux épidémies. Le Fonds porte au crédit des autorités que, « avec l’appui des multilatéraux et bilatéraux », elles « s’attèlent à éradiquer l’épidémie d’Ebola ». Ces requêtes seront soumises au Conseil d’administration pour examen et approbation. La mission salue également l’appui supplémentaire fourni par d’autres partenaires au développement. Le plafond de déficit, un critère qui avait été manqué C’est le point le plus technique de l’annonce du ministre, et le plus solide. En achevant sa revue de juin, le Fonds avait constaté que tous les critères de réalisation à fin décembre 2025 étaient remplis à deux exceptions près : le solde budgétaire intérieur, manqué en raison de dépenses de sécurité plus élevées que prévu au dernier trimestre, et le critère continu sur les pratiques de taux de change multiples, après une modification de l’écart de change par la Banque centrale du Congo. Des mesures correctives avaient été prises. Nous avions documenté cette tension dès l’été. La mission du Fonds de mai 2026 relevait un plafond de déficit dépassé de 0,6 point de PIB sous le poids du conflit à l’Est . Le respect du plafond à fin juin 2026 est donc la réparation d’un critère manqué six mois plus tôt. Le Fonds ajoute ce que le ministre ne dit pas : « des difficultés apparaissent pour l’exécution du budget pour le reste de l’année ». Il demande de résorber rapidement les retards accusés dans la mise en œuvre des mesures d’accroissement des recettes prévues au budget 2026, de mieux maîtriser la masse salariale et de rationaliser les dépenses moins prioritaires. Sur les recettes, Kinshasa s’est engagé devant Washington à créer une Autorité fiscale centralisée dans un délai de douze mois , un délai qui court depuis décembre 2025. L’inflation projetée à près de 9 % C’est l’élément que le communiqué du ministre ne reprend pas. L’inflation en glissement annuel « devrait se rapprocher de 9 % à fin décembre 2026 », écrit le Fonds, sous l’effet du renchérissement des produits pétroliers et des denrées alimentaires. La révision est forte. La mission de mai retenait 2,5 % , et la cible annuelle du budget rectificatif 2026 était de 3,5 % , pour une inflation cumulée déjà à 6 % au 8 août. Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo a maintenu le taux directeur à 12,5 % en octobre 2026, et la mission l’encourage à rester vigilante et à se tenir prête à resserrer si les anticipations inflationnistes venaient à se désancrer, compte tenu des incertitudes liées à Ebola et à la guerre au Moyen-Orient. Sur la croissance, le Fonds écrit qu’elle « a quelque peu ralenti en 2026 », sous l’effet d’Ebola et des difficultés rencontrées au niveau de deux grandes mines , qu’il ne nomme pas. Elle reste attendue au-dessus de 5 % en 2026 et à moyen terme, ce qui valide la formule prudente du ministre. Les 240 millions pour Ebola La part affectée à la riposte est la nouveauté de cette revue, et elle était annoncée en creux. Le Fonds écrivait le 30 juin que « les impacts de la guerre au Moyen-Orient et de l’épidémie d’Ebola pèsent sur le budget », et plusieurs administrateurs s’étaient dits ouverts à l’inclusion de mesures de préparation aux pandémies dans la Facilité pour la résilience et la durabilité lors d’une revue future. Cette revue est celle-là. Ces 240 millions passeraient par le budget de l’État, et c’est là que le chiffre pèse. Le ministre de la Santé a reconnu en octobre que l’État ne suivait que 220 millions de dollars de fonds Ebola, environ 22 % des partenaires de mise en œuvre ayant renseigné le formulaire d’accréditation de l’INSP . La tranche annoncée serait donc supérieure à tout ce que l’État a pu tracer jusqu’ici. Le porte-parole du gouvernement avait posé la question en octobre : il réclamait aux partenaires de la riposte la redevabilité sur 2,9 milliards de dollars qui ne passent pas par le Trésor public . La séquence que le ministre met en avant Doudou Fwamba place cet accord dans une série, et le Fonds en valide une partie. La RDC est sortie le 30 octobre de la liste grise du Groupe d’action financière, après quatre ans de surveillance renforcée et vingt-trois actions à exécuter : la mission salue ce retrait, qui atteste selon elle de progrès importants dans le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et appelle à consolider et pérenniser ces acquis. Le pays avait levé 1,25 milliard de dollars sur les marchés internationaux , dont 137,9 millions décaissés au bout de trois mois pour les aéroports et Grand Katende. Le Fonds enregistre aussi trois acquis sur le volet climatique : l’adoption du projet de loi révisant le Code forestier, celle du projet de loi révisant la loi sur les partenariats public-privé en y intégrant les incidences climatiques, et la publication de l’audit de performance du Fonds forestier national. Il encourage les autorités à maintenir le cap sur les autres mesures de réforme, dans les délais impartis. Le ministre reprend enfin la consigne du chef de l’État. Félix Tshisekedi avait demandé le 30 octobre que la confiance retrouvée se traduise en financements pour les entreprises congolaises et en emplois pour les jeunes . Doudou Fwamba écrit vouloir traduire cette confiance « en investissements, en emplois et en meilleures perspectives pour le peuple congolais, tout en répondant aux urgences sécuritaires et sanitaires ». Il inscrit la démarche dans la hiérarchie de l’exécutif. C’est « sous le leadership éclairé du Président de la République, S.E. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et la coordination de Son Excellence Madame la Première Ministre » que le gouvernement reste, écrit-il, « plus que jamais déterminé à poursuivre les réformes pour consolider la stabilité macroéconomique et améliorer les conditions de vie des Congolais ». Le ministre adresse ses « sincères félicitations aux experts du Gouvernement, notamment des Ministères des Finances et du Budget, ainsi qu’aux équipes de la Banque centrale du Congo, pour leur engagement et la qualité du travail accompli ». Il conclut sur un engagement : « Nous poursuivrons cet effort avec rigueur pour consolider les acquis et relever les défis qui demeurent ». Les chantiers que le Fonds pose Le communiqué énumère quatre exigences de finances publiques, au nom de la transparence et de l’efficacité dans l’utilisation des ressources publiques : limiter le recours aux procédures en urgence, poursuivre l’extension de la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses à d’autres ministères, finaliser le déploiement du compte unique du Trésor, et rationaliser les fonds spéciaux et les établissements publics en alignant leur gestion sur le règlement général de la comptabilité publique. Il demande aussi de renforcer la gouvernance et la lutte contre la corruption, d’améliorer l’environnement des affaires, et de durcir le cadre juridique pour assurer un respect plus strict des normes environnementales et sociales dans le secteur minier. La mission dit avoir travaillé avec les autorités, les hauts cadres et les services techniques, mais aussi avec des représentants de la société civile et du secteur privé et avec les partenaires au développement, qu’elle remercie pour « la collaboration étroite et les échanges constructifs ». Ce que les deux annonces ne précisent pas Le communiqué du Fonds ne donne aucun montant : ni les 771 millions, ni les 240 millions, qui ne figurent que dans la publication du ministre. Il ne chiffre pas l’augmentation d’accès demandée pour chacune des deux facilités, ni les nouveaux plafonds de déficit proposés pour 2026 et 2027, et ne nomme pas les deux grandes mines en difficulté. Le ministre, de son côté, ne donne pas la répartition des 771 millions entre les deux facilités ni le montant en droits de tirage spéciaux. Ni l’un ni l’autre n’indique quels critères de réalisation ont été observés à fin juin 2026, ni si des dérogations sont sollicitées. Sur les 240 millions destinés à Ebola, le circuit de dépense, la clé de répartition entre provinces et les modalités de contrôle restent à préciser. Le solde, environ 531 millions de dollars, n’est affecté à rien dans l’annonce. Le Fonds rappelle enfin que les avis exprimés dans un communiqué de fin de mission sont ceux des services et ne correspondent pas nécessairement à ceux de son Conseil d’administration. Les conclusions de cette mission sont préliminaires, et donneront lieu à un rapport soumis au Conseil pour examen et décision. Sources : publication du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, 4 novembre 2026 ; Fonds monétaire international, communiqué de fin de mission du 4 novembre 2026 et communiqué de presse n° 26/233 du 30 juin 2026. Rédaction À lire aussi Liste grise du GAFI : la RDC en sort après quatre ans, en même temps que Monaco, la Bulgarie et la Côte d’Ivoire Croissance à 5,5 %, inflation à 2,5 % : ce que le FMI a écrit sur l’économie congolaise Fonds Ebola : l’État congolais ne suit que 220 millions de dollars The post RDC: Fwamba annonce 771 millions de dollars du FMI en décembre, dont 240 pour la riposte Ebola appeared first on BETO .

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