Mandat de la MONUSCO : Kinshasa plaide auprès de la France, à quarante-sept jours de l’échéance

Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a présidé le mardi 3 novembre 2026 une séance de travail bilatérale avec une délégation française. La ministre d’État chargée des Affaires sociales, Ève Bazaiba, et des experts des questions sécuritaires y prenaient part. Les échanges ont porté sur le renouvellement du mandat de la MONUSCO et sur l’harmonisation des points de vue, afin que ce mandat réponde aux besoins humanitaires des populations déplacées par la guerre d’agression dont la RDC est victime. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de maintenir un dialogue constructif et permanent. Pourquoi Paris, et pourquoi maintenant La date et l’interlocuteur ne sont pas indifférents. Le mandat de la MONUSCO expire le 20 décembre : quarante-sept jours séparaient cette séance de travail de l’échéance. Et la France est membre permanent du Conseil de sécurité, l’organe qui votera le renouvellement. Kinshasa travaille donc un pays qui disposera d’une voix et d’un droit de veto sur le texte. La France occupe une seconde position dans ce dossier. Elle préside le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs, dont les onze signataires ont rejeté le 30 octobre la poursuite d’objectifs politiques par les armes , en visant explicitement le Front pour la refondation de la nation. Trois jours plus tard, la MONUSCO annonçait des contacts avec ce même front à Goma . La séance de mardi se tient entre ces deux signaux. Kinshasa a posé sa demande dès le 22 octobre : réunis avec la délégation de James Swan, le gouvernement avait fait de la protection des civils la priorité absolue du futur mandat. La présence d’Ève Bazaiba mardi indique que le volet humanitaire est poussé dans la négociation, et non traité à part. Les chiffres que porte la demande congolaise Les besoins invoqués sont documentés. Au troisième trimestre, l’ambassade britannique recensait 500 000 personnes de plus en phase d’urgence alimentaire dans l’est du pays , et 277 461 ménages affectés par des déplacements. Sur le volet sécuritaire, l’envoyé spécial des Nations unies chiffrait 2 186 violations des droits humains en six mois devant le Conseil de sécurité, au moment où l’ambassadeur américain Jeffrey A. Bartos sommait Kinshasa et Kigali de respecter le cessez-le-feu. Le calendrier congolais s’organise autour de la même échéance. La XIIIᵉ Conférence diplomatique se tiendra du 7 au 11 décembre à Kinshasa , et se clôturera neuf jours avant l’expiration du mandat. Le communiqué du ministère ne nomme aucun membre de la délégation française, n’indique ni son niveau ni sa composition, et ne précise pas si elle venait de Paris ou de l’ambassade à Kinshasa. Il ne détaille pas les points sur lesquels les deux parties ont cherché à harmoniser leurs positions, ni ceux qui restent en discussion. Aucune déclaration française n’a accompagné la rencontre. Rédaction À lire aussi Mandat de la MONUSCO : Kinshasa pose la protection des civils comme priorité absolue RDC : le GCI rejette le recours à la violence prôné par le FRN et appelle à un dialogue inclusif Diplomatie : Kinshasa convoque sa XIIIᵉ conférence du 7 au 11 décembre, neuf jours avant l’échéance de la MONUSCO The post Mandat de la MONUSCO : Kinshasa plaide auprès de la France, à quarante-sept jours de l’échéance appeared first on BETO .