Ebola : Bazaiba lance la composante d’urgence du projet STAR-RDC, financé à 250 millions USD par la Banque mondiale

La ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, a procédé ce mardi 3 novembre 2026 au lancement national de la Composante d’intervention d’urgence éventuelle (CERC) du projet STAR-RDC. Un mécanisme financé par la Banque mondiale et destiné à apporter une réponse sociale immédiate et intégrée aux communautés affectées par la flambée de la maladie à virus Ebola . Pour ce projet, rapportent les services de communication du ministère, 250 millions de dollars sont mobilisés par la Banque mondiale pour une période de cinq ans, du 30 décembre 2022 au 30 décembre 2027. Le projet comporte un volet spécifique consacré à la réponse sociale à la dix-septième épidémie d’Ebola. Prévue du 25 septembre 2026 au 30 avril 2027, cette intervention ambitionne d’atteindre au moins 225 000 personnes, réparties dans 15 000 ménages affectés par la maladie. L’Ituri, épicentre de l’épidémie , ainsi que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu figurent parmi les zones d’intervention de ce programme. À l’ouverture des travaux, la ministre d’État Ève Bazaiba Masudi a rappelé que les conséquences d’Ebola dépassent largement le cadre sanitaire : désorganisation des familles, interruption de la scolarité, perte des moyens de subsistance et stigmatisation des personnes guéries constituent autant de vulnérabilités auxquelles le gouvernement entend apporter des réponses concrètes. « Ebola frappe bien au-delà de la santé. La maladie bouleverse la vie familiale, interrompt la scolarité, fragilise les moyens de subsistance. Notre réponse doit donc prendre en compte l’ensemble de ces conséquences humanitaires et sociales », a-t-elle dit. Présentant les mécanismes opérationnels du projet, la coordonnatrice générale de STAR-RDC, Brigitte Kapinga Sanda, a souligné l’urgence d’une intervention rapide, structurée et adaptée aux besoins des populations. La transmission restant active et le risque de propagation géographique réel, cette réponse sociale devra permettre d’atteindre les personnes les plus vulnérables et de soutenir les communautés affectées. Pour sa part, la Banque mondiale, partenaire financier du projet, a salué les efforts de l’équipe nationale de riposte ainsi que la mobilisation des partenaires techniques et financiers. Le succès de cette intervention devra notamment se mesurer à la confiance des communautés, à la résilience des femmes et à la capacité collective d’interrompre la transmission de la maladie. Mais pour atteindre efficacement les populations, le projet entend également miser sur une stratégie de communication de grande envergure, en mobilisant l’ensemble des moyens de communication disponibles. Médias traditionnels, plateformes numériques et sensibilisation de proximité devront contribuer à faire entendre les messages de prévention et à combattre les résistances communautaires. Dans cette dynamique, le pasteur Moïse Matuta et l’artiste musicien Reddy Amisi sont associés à cette initiative comme porte-voix de la sensibilisation. À travers la musique et leur influence auprès du public, ils sont appelés à relayer les messages de prévention, à encourager les comportements responsables et à renforcer l’adhésion des communautés à la riposte contre Ebola. À la clôture des travaux, Ève Bazaiba Masudi a insisté sur trois impératifs : la transparence dans la gestion des ressources, la synergie multisectorielle et l’ancrage communautaire. Elle a notamment appelé les élus des provinces concernées à accompagner cette mobilisation afin de combattre les rumeurs, lever les résistances communautaires et favoriser l’adhésion des populations aux interventions de la riposte. Fidèle à sa vision ministérielle « Sourire, Réconfort et Espoir », la ministre d’État entend placer les populations vulnérables au centre de cette action, en veillant à ce que les ressources mobilisées se traduisent par une assistance effective, la restauration des moyens de subsistance et un accompagnement digne des familles éprouvées. « Notre réussite se mesurera aux personnes effectivement soutenues, à la pertinence de l’assistance et à la confiance que les communautés placeront dans notre action », a-t-elle ajouté. Les prochaines étapes de cette mobilisation se poursuivront dans les provinces, notamment à Bunia, Kisangani , Isiro, Buta et Beni. L’enjeu est désormais de transformer les engagements pris à Kinshasa en actions concrètes au bénéfice des communautés affectées. Car face à Ebola, interrompre la transmission ne suffit pas : il faut également reconstruire les liens sociaux, restaurer les moyens de subsistance et redonner confiance aux populations. Des institutions aux communautés, des médias aux artistes, chacun est appelé à prendre sa part dans ce combat collectif. Serge SINDANI À lire aussi « On ne peut pas choisir entre la maladie et la faim » : à Bunia, la quarantaine Ebola contre le repas du soir RDC : plus de 8 600 cas d’Ebola et 4 178 décès, la riposte renforcée dans sept provinces Ebola : Kisangani abrite la revue intra-action pour améliorer la riposte The post Ebola : Bazaiba lance la composante d’urgence du projet STAR-RDC, financé à 250 millions USD par la Banque mondiale appeared first on BETO .