CIRGL : Tshisekedi reçoit son secrétaire exécutif, à douze jours d’un an de présidence congolaise

Le président Félix Tshisekedi a reçu le mardi 3 novembre 2026, à la Cité de l’Union africaine, le secrétaire exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), le docteur Mubita Luwabelwa. Le chef de l’État assure la présidence en exercice de l’organisation, et c’est à ce titre que son interlocuteur est venu. « Nous sommes venus pour obtenir les instructions du président en exercice de la CIRGL sur ces différents dossiers prioritaires », a expliqué Mubita Luwabelwa, selon la Présidence. Il a annoncé la préparation de la prochaine réunion de la Troïka de l’organisation : « Nous travaillons au sein du Secrétariat pour que cette rencontre soit une réussite. » Quatre priorités ont été posées pour la période 2026-2027 : la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, les réformes institutionnelles, la coopération régionale, et les questions de paix et de sécurité. Ces quatre chapitres sont ceux que les réunions statutaires de la CIRGL ont examinés en octobre à Lusaka, sous présidence congolaise, qui y avaient ajouté la situation humanitaire. Deux mandats nés le même jour, à Kinshasa Les deux hommes tiennent leurs fonctions du même événement. Le 9ᵉ sommet des chefs d’État de la CIRGL s’est tenu le 15 novembre 2025 à Kinshasa : la RDC y a pris la présidence en exercice, et c’est ce même 15 novembre 2025 que Mubita Luwabelwa, ressortissant zambien né le 25 février 1974, a été nommé secrétaire exécutif. L’entretien du 3 novembre intervient donc trois cent cinquante-trois jours après, à douze jours du premier anniversaire de ce sommet. Le mandat de Félix Tshisekedi court jusqu’en 2027. La Troïka, dont la réunion se prépare, est définie par l’article 23, alinéa 5, des textes de l’organisation : elle réunit le président en exercice, celui qui l’a immédiatement précédé et celui qui lui succédera, et elle a pour fonction d’assister le président. Le Secrétariat n’a pas communiqué la date ni le lieu de la rencontre. Une présidence exercée sur douze États, dont le Rwanda La CIRGL compte douze États membres : l’Angola, le Burundi, la Centrafrique, le Congo, la RDC, le Kenya, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Soudan, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie. Le Rwanda en est l’un. C’est la donnée qui commande la lecture de cette audience : le chef de l’État congolais préside une organisation régionale dont un membre est engagé dans une agression armée contre son pays. La Première ministre l’a dit explicitement deux jours plus tôt, devant les parlements de la CIRGL réunis à Dar es Salaam . La première priorité citée, l’exploitation illégale des ressources naturelles, se lit dans ce cadre. Le 28 octobre, le département d’État américain nommait Rubaya et invitait le secteur privé à examiner ses chaînes d’approvisionnement . Le 21 octobre à Lusaka, la RDC plaidait pour la traçabilité des minerais et leur transformation locale . La CIRGL dispose depuis des années d’un mécanisme régional de certification des minerais, et son secrétaire exécutif s’est exprimé le 22 juillet 2026 devant le Conseil de sécurité des Nations unies, lors d’un débat consacré à la gouvernance des ressources naturelles. Sur le volet sécuritaire, l’organisation est déjà présente sur le terrain congolais : elle avait conduit en février 2026 une mission conjointe avec la MONUSCO au Sud-Kivu pour évaluer le mécanisme de suivi du cessez-le-feu , dispositif que la Mission onusienne continue d’appuyer . Une anomalie sur le site de l’organisation Les réformes institutionnelles figurent au deuxième rang des priorités annoncées. Un détail en donne la mesure. Sur le site officiel de la CIRGL, la page d’accueil et la fiche de référence présentent bien Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo comme président de l’organisation. Mais la page qui liste les présidents successifs, modifiée pour la dernière fois le 8 octobre 2025, s’arrête au chef de l’État angolais João Lourenço, donné comme président en fonction depuis 2020, et ne mentionne pas la RDC. Près d’un an après le sommet de Kinshasa, la liste officielle des présidents de la CIRGL n’a pas été mise à jour. Le communiqué de la Présidence ne précise pas les instructions données par le chef de l’État, ni le calendrier retenu pour la Troïka, ni les réformes institutionnelles envisagées. Rédaction À lire aussi Devant les parlements de la CIRGL, Suminwa dénonce l’agression rwandaise et réclame l’influence réelle des femmes Lusaka : la RDC plaide pour la transformation locale des minerais et une coopération régionale renforcée Sud-Kivu : mission conjointe de la MONUSCO et de la CIRGL pour évaluer le mécanisme de suivi du cessez-le-feu The post CIRGL : Tshisekedi reçoit son secrétaire exécutif, à douze jours d’un an de présidence congolaise appeared first on BETO .