Pour Therese Kayikwamba Wagner, lors des conflits, "la femme porte son village sur son dos"

Ce 21 octobre 2026, à Kinshasa , la fondation allemande Friedrich Ebert a organisé une rencontre consacrée au leadership féminin et à la participation des femmes aux instances de décision. Parmi les intervenantes, la ministre congolaise des Affaires étrangères a notamment insisté sur l’importance d’une implication accrue des femmes dans les efforts de paix.
Elle s’est également dit confiante quant à leur participation aux différents processus visant le retour de la paix dans l’est du pays, ainsi qu’au dialogue national prôné par le président Félix Tshisekedi. Therese Kayikwamba Wagner a été l'invitée de la Deutsche Welle .
Thérèse Kayikwamba : Quand nous regardons un pays comme la République démocratique du Congo, les femmes sont omniprésentes. Elles sont omniprésentes dans tous les secteurs et dans tous les domaines. Elles ne sont peut-être pas visibles dans tous les secteurs et tous les domaines, mais elles y sont, y compris dans tout ce qui est lié aux conflits, la résilience, la survie des communautés. Les femmes sont celles qui portent sur leurs dos leurs villages quand il faut fuir. Elles sont aussi extrêmement actives dans les organisations de la Société civile. Si statistiquement 30% des processus de paix et des accords de paix ont une plus grande chance de survie quand les femmes sont impliquées, pourquoi est-ce que nous ne nous imposons pas cette propre discipline ? DW : Vous avez utilisé une très belle image : “la femme porte son village sur son dos” quand il faut partir. Quelle place est-ce qu’on donne à ces femmes aujourd’hui et quelle place on va leur donner si dialogue national il y avait ? Thérèse Kayikwamba : Je sais qu’il y a une attention particulière que le président de la République rattache d’abord à un caractère inclusif et représentatif et aussi à la promotion et à l’élévation des voix et des perspectives des femmes. Donc, je n’ai aucun doute qu’il y aura une place réservée aux femmes et je pense que ce qui est important maintenant c’est justement de voir comment capaciter ces femmes à assumer pleinement ce rôle. DW : Vous parlez d’un dialogue national inclusif. On entend plusieurs voix, notamment celle de l’opposition qui n’y croient pas ou qui ne se sont pas impliquées justement dans cette inclusivité. Quel est votre message aujourd’hui pour tous ceux qui se retrouvent sur les bords de la route ? Thérèse Kayikwamba : Je comprends que certains aient peut-être des doutes . Mais, encore une fois, il faut aussi attendre de voir, d’évaluer et ensuite de prendre une position. Je trouve que c’est dommage de se précipiter pour prendre une position et peut-être de cette manière, de s’empêcher ou d’empêcher toute une communauté et tous ceux qu’on représente, d’avoir une opportunité de faire entendre leurs griefs. Je pense qu’on devrait prendre le temps, pour ceux qui peuvent et qui le veulent, de faire confiance aussi au président de la République et à sa détermination de créer les conditions propices. Pour ceux qui doutent, de s’armer de patience et de nous juger à nos actes et à ce qui sera présenté.