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Des contrôles qui passent mal auprès des mineurs de Kolwesi

DW Afrique · Timothée Prince Odia · 21 octobre 2026 · Source originale

Les protestataires dénoncent les contrôles menés dans le secteur minier et la restriction de l'accès à certains sites d'exploitation artisanale, notamment à Kamilombe. Ils réclament aussi la mise en œuvre des 33 zones d'exploitation artisanale qui avaient été promises dans la province du Lualaba . La société civile fait état d'une personne tuée, sans qu'un bilan officiel ait encore été confirmé. Depuis lundi, les rues de Kolwezi, le chef-lieu de la province du Lualaba, sont entravées par des barricades, des pneus brûlés et des camions chargés de minerais incendiés.

Des coups de feu ont été entendus jusque dans le centre-ville. Des écoles et des commerces ont fermé dans plusieurs quartiers. Des blessés sont signalés et la Nouvelle société civile congolaise fait également état d'un décès, mais ce bilan n'a pas été confirmé par les autorités.

Les mineurs artisanaux qui manifestent se plaignent des contrôles de la Direction générale des migrations dans les entreprises minières qui emploient beaucoup de salariés chinois. Ils dénoncent également le manque d'accès aux sites, en raison de l'extension des exploitations industrielles, notamment à Kamilombe.

Un creuseur dénonce des décisions prises, selon lui, dans la précipitation. " Le secteur minier est en dysfonctionnement. Les autorités nationales et provinciales ont pris des décisions à la hâte" déplore-t-il .

Selon lui "on n'interdit pas le contrôle dans notre pays. La DGM peut faire son travail. Ce qui est mauvais, c'est la décision prise. Il n'y a jamais eu de concession ou de ZEA (Zones d'exploitation artisanale, ndlr) qu'un creuseur trouve déjà exploitée et où il commence malgré tout à travailler. Ce sont nous, les exploitants miniers artisanaux, qui faisons la prospection et les forages avec nos propres moyens, et c'est après qu'on vient nous les arracher."

La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, conteste les affirmations des manifestants concernant la fermeture d'unités de traitement et de comptoirs d'achat de minerais. Selon elle, les installations restent ouvertes et font l'objet de contrôles destinés à assainir le secteur.

Elle appelle par ailleurs les creuseurs à vendre leur production par l'intermédiaire de coopératives reconnues par l'État. "Les sociétés sont ouvertes. Nous invitons nos amis qui sont dans les mines, dans l'artisanat, à respecter la loi et à aller vendre leurs produits dans les sociétés comme d'habitude, mais en passant par une coopérative en règle. […] Je tiens ici à confirmer : aucune usine de traitement n'est fermée" assure la gouverneure.

De son côté, Chico Kebonte, conseiller du ministre national des Mines, défend la mission de la commission interservices déployée dans la province. Il affirme qu'elle vise à assainir le secteur minier.

Selon lui : "la commission interservices, élargie à l'armée, à la police nationale, à la justice militaire et à la police des mines, est venue aider la province à assainir l'environnement minier. Ensemble, nous travaillons pour améliorer les conditions de vie de nos concitoyens… Nous parlons maintenant du cas de Kamilombe : ils (les mineurs artisanaux) vont libérer le site de la Gécamines , mais l'État a prévu une alternative pour eux, c'est la ZEA 371."

La situation reste toutefois préoccupante à Kolwezi, particulièrement dans les quartiers proches des zones minières, où les tensions continuent de perturber les commerces et la circulation dans la ville.

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