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TGI/Gombe : « Mon procès s’éloigne de plus en plus de la justice et du droit » (Nathanaël Onokomba)

7sur7.cd · 17 octobre 2026 · Source originale

L’audience a été brève. Les avocats de la défense campent sur leur position : pas question d’aborder le fond de l’affaire tant que les préalables soulevés par leur client n’auront pas été pris en compte.

Dès l’ouverture de l’audience, Me Gabriel a soulevé plusieurs irrégularités de forme. Les avocats de Nathanaël Onokomba ont notamment demandé que tous les procès-verbaux antérieurs versés au dossier soient écartés.

Selon la défense, le parquet près le TGI/Gombe n’a mené aucune instruction préjuridictionnelle. Il s’est contenté de transmettre au tribunal les procès-verbaux dressés par l’auditeur militaire de garnison.

Or, a fait remarquer Me Gabriel, ces procès-verbaux n’ont plus lieu d’être, au motif que le jugement rendu par le Tribunal militaire de garnison dans la même affaire les rendrait nuls et de nul effet.

Dans un autre registre, les avocats de Nathanaël Onokomba ont demandé que l’infraction d’apologie du terrorisme retenue contre leur client par le parquet soit écartée. Me Gabriel a soutenu que cette infraction avait déjà été écartée par le Tribunal militaire à l’issue de son instruction.

L’avocat s’est interrogé : comment le ministère public, qui n’a pas mené d’instruction préjuridictionnelle, peut-il ajouter à la charge de son client une infraction déjà écartée par le Tribunal militaire, auprès duquel il a reçu le dossier ?

Me Gabriel a également rappelé aux juges qu’ils devaient respecter les droits de la défense, notamment en tenant compte du jugement rendu par le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe. Il a invoqué le principe non bis in idem, selon lequel une personne ne peut être jugée deux fois pour les mêmes faits.

En réponse, le tribunal a déclaré ces moyens recevables, mais non fondés. Il a invité les avocats à prendre connaissance des pièces versées au dossier afin d’aborder le fond de l’affaire.

Cette audience a été marquée par des échanges parfois tendus entre les avocats et le tribunal. Les conseils de la défense ont estimé que les juges ne leur accordaient pas suffisamment de temps de parole, donnant ainsi l’impression de vouloir traiter l’affaire à la hâte et de manière superficielle.

Ils jugent, en effet, l’attitude du président actuel de la composition similaire à celle de son prédécesseur, qui s’était déporté après avoir été accusé de partialité. Cette situation pourrait conduire à une nouvelle récusation.

Pour sa part, le prévenu Nathanaël Onokomba dénonce ce qu’il qualifie de « complot politico-ecclésiastique ». Fustigeant l’attitude qu’il considère comme hostile de la part des juges, il estime que son procès s’éloigne de plus en plus du droit et de la justice.

Nathanaël Onokomba estime que le refus du TGI/Gombe d’appliquer le jugement rendu par le Tribunal militaire constitue une preuve supplémentaire de ce qu’il dénonce. Selon lui, la décision du juge militaire est pourtant claire quant à la suite à réserver à cette affaire.

Rappelons que Nathanaël Onokomba est poursuivi pour apologie du terrorisme, ainsi que pour des faits liés à la négation, à la minimisation, à l’approbation ou à la justification de crimes attribués au Rwanda en République démocratique du Congo.

L’affaire a débuté devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe. À l’issue de l’instruction, alors que l’affaire avait été prise en délibéré dans l’attente du prononcé du jugement, cette juridiction militaire s’est déclarée incompétente pour juger Nathanaël Onokomba.