116 organisations environnementales réclament une place dans la gestion du Couloir vert Kivu-Kinshasa

Cent seize organisations de la société civile environnementale en République démocratique du Congo (RDC) souhaitent contribuer à la mise en œuvre du Couloir vert Kivu-Kinshasa. Réunies au sein de la Coalition verte pour le Couloir vert Kivu-Kinshasa, elles ont adressé, ce jeudi 15 octobre 2026, une lettre au directeur de la Fondation Virunga pour proposer leur expertise en conservation communautaire, en défense des droits humains et en gouvernance environnementale.
À travers cette initiative, les signataires entendent participer aux décisions relatives à ce vaste projet de conservation et de développement durable. Elles souhaitent notamment mettre leurs compétences au service de la protection des forêts et de la biodiversité, tout en veillant à la prise en compte des droits et des intérêts des communautés locales.
La coalition rassemble des experts en environnement et en climat, des universitaires, des femmes, des jeunes, des opérateurs économiques, des personnes vivant avec handicap, ainsi que des représentants des communautés locales et des peuples autochtones pygmées.
Les communautés locales au cœur de la conservation
Pour ces organisations, la préservation durable des écosystèmes ne peut se faire sans la participation des populations qui vivent dans les territoires concernés.
Elles soulignent que les communautés locales et les peuples autochtones disposent de connaissances traditionnelles et de pratiques susceptibles de contribuer à la protection de la biodiversité. Leur implication dans la gestion des ressources naturelles est donc essentielle pour garantir la durabilité des actions de conservation.
Les signataires mettent toutefois en garde contre les risques de marginalisation et de déplacement des populations de leurs terres ancestrales. Elles plaident pour une approche fondée sur la justice environnementale, la transparence et la participation effective des communautés aux décisions qui affectent leurs territoires.
Elles insistent également sur le respect du consentement libre, informé, préalable et éclairé, ainsi que sur le partage équitable des bénéfices issus des activités de conservation.
Les 116 organisations proposent d'intervenir dans plusieurs domaines, notamment l'éducation environnementale, la défense des droits des communautés, la prévention des conflits fonciers et la médiation.
Elles souhaitent également contribuer à la mise en place de mécanismes communautaires de gestion des plaintes et d'alerte précoce, ainsi qu'au suivi des engagements environnementaux et sociaux des opérateurs économiques présents dans les zones concernées.
Sur le plan économique, la coalition entend promouvoir des activités compatibles avec la préservation des écosystèmes, telles que l'agroforesterie, l'écotourisme, les énergies renouvelables et l'entrepreneuriat vert.
Ces initiatives pourraient contribuer à améliorer les conditions de vie des populations tout en limitant les pressions sur les ressources naturelles.
Dans leur déclaration, les signataires évoquent également la possibilité de contribuer à la préservation de plus de 100 000 km² de forêts primaires. Elles défendent ainsi une gouvernance participative qui accorde une place aux organisations environnementales et aux communautés dans la gestion des territoires concernés.
Le Couloir vert Kivu-Kinshasa, un projet de grande envergure
Le Couloir vert Kivu-Kinshasa est une initiative du gouvernement congolais annoncée par le président Félix-Antoine Tshisekedi au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le 22 janvier 2025. Son cadre juridique est établi par le décret n° 25/01 du 15 janvier 2025.
Selon les données présentées dans le document de référence, le projet couvre environ 544 270 km². Il relie l'est de la RDC, notamment l'axe Beni-Kisangani, au bassin du fleuve Congo jusqu'à Kinshasa, en englobant plusieurs territoires du pays.
Il vise à préserver les forêts primaires et la biodiversité du bassin du Congo, à contribuer à la lutte contre les changements climatiques et à promouvoir une économie verte favorable au développement socio-économique des communautés locales.
La démarche de la Coalition verte remet ainsi en avant la place de la société civile dans la gouvernance de ce projet, notamment en matière de protection des droits communautaires et de gestion durable des ressources naturelles.