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Côte d'Ivoire-Mali : vers un renforcement de la coopération sécuritaire ?

DW Afrique · Carole Assignon · 14 octobre 2026 · Source originale

Coopération en matière de renseignement et lutte contre le terrorisme : le déplacement à Bamako de Vassiriki Traoré, le coordinateur national du renseignement de Côte d'Ivoire , devrait tourner autour de ces thèmes.

Un déplacement "sur invitation du directeur de l'Agence nationale de renseignement du Mali , le général Modibo Koné", selon les services de sécurité du Mali. Vassiriki Traoré devrait être reçu par le président Assimi Goïta .

Le Mali est, comme d'autres pays du Sahel , la cible d'attaques terroristes depuis quelques années maintenant.

Si, de son côté, la Côte d'Ivoire n'a plus été touchée depuis 2021 par des attaques terroristes meurtrières, des groupes djihadistes comme le Jnim, lié à Al-Qaïda, et très présents au Mali, évoluent parfois à quelques kilomètres de la frontière ivoirienne. D'où l'importance de la coopération entre les deux pays, explique l'expert en sécurité, Philippe Assalé.

"Pour la Côte d'Ivoire, stabiliser le Sud malien est une nécessité vitale pour préserver l'étanchéité de la zone opérationnelle Nord. Pour le Mali, sanctuariser cette frontière est cruciale pour éviter l'asphyxie économique de ses corridors vers le port d'Abidjan" explique-t-il.

Selon Philippe Assalé, " sans un partage de renseignements en temps réel et une coordination tactique, la frontière devient le refuge idéal des insurgés, leur permettant de frapper un Etat avant de se replier impunément chez le voisin".

Donc, selon lui "seule la fusion opérationnelle des données permet d'anticiper la volatilité des modes opératoires terroristes et de paralyser les flux logistiques avant qu'ils ne franchissent la frontière. "

Au-delà des questions sécuritaires, ce déplacement à Bamako du chef du renseignement ivoirien est organisé alors que ces dernières années ont été marquées par des tensions diplomatiques entre le Mali et la Côte d'Ivoire.

Bamako n'avait pas apprécié le fait qu'Abidjan condamne les putschs au Sahel et soutienne les sanctions de la Cédéao.

Il y a aussi eu, en 2022, l'affaire des 49 soldats ivoiriens arrêtés au Mali et accusés d'être des mercenaires. Ils seront par la suite remis en liberté en janvier 2023. La Côte d'Ivoire a toujours affirmé qu'ils étaient en mission pour l'Onu.

Mais récemment, les relations entre les deux voisins semblent s'être améliorées. En juin dernier, le vice-Premier ministre ivoirien, par ailleurs ministre de la Défense, Tene Birahima Ouattara , a même déclaré être "sincèrement prêt" à reprendre une coopération, si le Mali, mais aussi le Burkina Faso, le souhaitent.

Selon lui, " le terrorisme, tel qu'il se présente actuellement, ne peut être vaincu par un Etat. Il faut qu'il y ait une collaboration, une mutualisation des forces ".

Pour Christophe Kouame, président de Civis Côte d'Ivoire, une organisation de la société civile, quels que soient les différends, la priorité doit être donnée à la sécurité des populations, mais il évoque aussi d'autres points qui, pour lui, sont importants.

Il estime que, " la Côte d'Ivoire et le Mali ont obligation de coopérer. Et cette coopération est importante, notamment en matière de partage de renseignements, d'alerte précoce, de sécurisation des frontières et surtout de lutte contre les réseaux criminels".

Mais il insiste sur le fait qu'il faut que, "cette coopération soit également globale". Pour lui "il faut renforcer les capacités des forces de sécurité de part et d'autre, prévenir la radicalisation, améliorer les conditions de vie des populations vulnérables et maintenir la confiance entre les citoyens et les institutions des deux pays. "

Selon l'expert, l'enjeu va au-delà de l'intérêt des deux pays, puisqu'il s'agit de contribuer à la stabilité de la sous-région ouest-africaine.

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