Sénégal : la répression des LGBTQ+ sous le feu des ONG

Le Sénégal a adopté, en mars dernier, une nouvelle loi qui pénalise l'homosexualité . Désormais, l'article 319 du Code pénal prévoit jusqu'à dix années d'emprisonnement pour des actes considérés comme "contre-nature" . Les structures qui viennent en aide aux personnes homosexuelles sont, elles aussi, passibles de sanctions.
D'ailleurs, il est devenu très difficile de trouver des interlocuteurs pour répondre aux questions des journalistes pour des interviews.
Quoi qu'il en soit, les ONG de défense des droits humains ont enregistré une hausse des violences à l'encontre des personnes concernées ces six derniers mois – depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle législation.
HRW et la Raddho ont ainsi recensé 212 arrestations sur simples soupçons, à travers tout le pays – notamment à Dakar, Thiès, Yeumbeul, Saint-Louis où Ziguinchor. Ces organisations de défense des droits humains dénoncent une "répression brutale" qui "porte atteinte [aux] droits, et engendre une peur et une stigmatisation grandissantes" au sein de la communauté LGBTQ+ .
Parmi les violences dénoncées par les associations, en plus des comportements brutaux, il y a des tests de VIH forcés, mais aussi tout un climat social hostile. De crainte d'être accusés de faire la "promotion" de l'homosexualité, les avocats hésitent à prodiguer leur assistance juridique aux personnes homosexuelles, bisexuelles ou transgenres, molestées ou emprisonnées.
Les ONG rappellent aux autorités leurs engagements, ceux garantis par la Charte africaine des droits humains ou même la Constitution sénégalaise, qui établissent notamment l'égalité des droits fondamentaux de tous les citoyens, sans discrimination.
Les autorités n'ont pas encore répondu à leur courrier en date du 29 septembre. HRW et ses partenaires espèrent une réponse avant le début des Jeux olympiques de la jeunesse prévus à Dakar, à partir du 31 octobre, symboles de respect des droits et de la dignité humaine sans discrimination.