RDC : FRICO AGRI récolte ses premières pommes de terre industrielles au Kongo Central

L’entreprise FRICO AGRI a réalisé une première récolte de pommes de terre issues d’une phase pilote lancée en juin 2026 à Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo Central. D’après les éléments communiqués par le responsable de cette entreprise, Jean Johnson Bapanga, cette expérimentation vise à évaluer le potentiel de production locale de variétés industrielles et à préparer la mise en place d’une chaîne de valeur allant de la production agricole à la transformation agroalimentaire. FRICO AGRI S.A.R.L., en collaboration avec la Société coopérative agricole VIVA KONGO, a procédé à la récolte des tubercules issus de sa phase pilote conduite à Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo Central. Lancée le 10 juin 2026, cette campagne expérimentale a porté sur trois variétés de pommes de terre destinées à la transformation industrielle : Markies, Babylon et Armedi. Les semences ont été introduites des Pays-Bas avec l’appui de l’entreprise AGRICO B.V. Pour FRICO AGRI, cette première récolte constitue une étape préparatoire à la structuration d’une filière locale susceptible d’approvisionner les industries agroalimentaires congolaises en matières premières. L’entreprise ambitionne notamment de développer, à terme, une unité industrielle de production de frites surgelées et d’autres produits dérivés de la pomme de terre. Cette première campagne avait pour objectif d’étudier le comportement des variétés introduites dans les conditions agroclimatiques du Kongo Central, mais aussi d’identifier les contraintes techniques liées à leur production à plus grande échelle. Les travaux ont notamment porté sur la germination, le développement végétatif, les besoins en irrigation et la qualité des tubercules récoltés. Plusieurs défis ont également été relevés, notamment la maîtrise de la pré-germination, la disponibilité de l’eau, la protection des cultures, le respect du calendrier agricole et la gestion post-récolte. Ces observations doivent servir à améliorer les prochaines campagnes et à définir un modèle de production adapté aux exigences de la transformation industrielle. Toutefois, les résultats de cette première récolte restent à apprécier au regard de données chiffrées sur les superficies cultivées, les volumes obtenus, les rendements à l’hectare et les coûts de production. Ces indicateurs seront déterminants pour évaluer la viabilité économique du projet et les possibilités de son extension. Le projet s’appuie également sur une coopération avec plusieurs entreprises néerlandaises spécialisées dans la filière pomme de terre. Outre AGRICO B.V. pour la fourniture des semences, FRICO AGRI indique avoir engagé des collaborations avec DELPHY B.V. et GO&Grow Farm Solutions, notamment dans les domaines de l’expertise agronomique, de la mécanisation et de l’amélioration des pratiques agricoles. L’entreprise bénéficie également de l’accompagnement stratégique de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas en RDC et d’échanges avec l’Agence néerlandaise pour l’entreprise (RVO). L’enjeu est de mobiliser ces compétences pour renforcer les capacités techniques locales et préparer le passage de l’expérimentation à une production plus importante. La pérennité de cette dynamique dépendra notamment de la disponibilité des financements, de l’accès aux équipements agricoles et de la maîtrise des coûts de production. À Mbanza-Ngungu, où la culture de la pomme de terre occupe une place dans l’activité agricole locale, la relance de la filière passe également par l’implication des producteurs. Le partenariat avec la coopérative agricole VIVA KONGO constitue, à cet égard, l’un des piliers du projet. FRICO AGRI entend promouvoir un modèle dans lequel les agriculteurs participent durablement à la chaîne de valeur, grâce à un accès à des semences de qualité, à un encadrement technique et à des débouchés commerciaux structurés. Cette approche vise à rapprocher la production agricole des besoins de l’industrie, tout en ouvrant des perspectives de revenus pour les exploitants locaux. Sa concrétisation nécessitera toutefois des mécanismes de contractualisation adaptés, des prix d’achat suffisamment incitatifs et des garanties de débouchés pour les producteurs partenaires. À la suite de cette première expérience, FRICO AGRI prévoit de renforcer les capacités de production et de structurer progressivement les différents maillons de la filière. Les prochaines étapes envisagées concernent la sécurisation de l’approvisionnement en semences, l’extension des superficies cultivées, l’organisation d’un réseau de producteurs partenaires, le développement de l’irrigation et de la mécanisation, ainsi que la formation des agriculteurs. Le stockage et la logistique figurent également parmi les priorités, compte tenu de leur rôle dans la préservation de la qualité des récoltes et la régularité des approvisionnements. À plus long terme, l’entreprise souhaite préparer les investissements nécessaires à l’installation d’une usine moderne de production de frites surgelées et d’autres produits transformés. Aucun calendrier de réalisation ni montant d’investissement n’a cependant été précisé dans les éléments communiqués. Pour concrétiser cette ambition, FRICO AGRI appelle à une mobilisation des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, des entreprises spécialisées, des centres de recherche, des coopératives agricoles et des investisseurs nationaux et internationaux. Les besoins identifiés concernent notamment le financement agricole, les équipements, l’irrigation, les infrastructures de stockage, la formation et la transformation industrielle. Au-delà de l’initiative privée, le développement d’une telle filière suppose un environnement favorable à l’investissement agricole et une coordination entre les différents acteurs. La disponibilité des semences, la maîtrise de l’eau, l’accès aux infrastructures et l’existence d’un marché pour les produits transformés seront autant de facteurs déterminants. La première récolte réalisée à Mbanza-Ngungu marque ainsi le début d’une phase d’apprentissage pour FRICO AGRI et ses partenaires. Le défi consiste désormais à convertir les enseignements de cette expérimentation en un modèle de production techniquement maîtrisé et économiquement viable. Pour la RDC, l’enjeu est de déterminer dans quelle mesure la production locale de pommes de terre industrielles peut contribuer à l’approvisionnement des unités de transformation, à la création d’emplois et à l’accroissement de la valeur ajoutée agricole nationale. La réussite de cette ambition dépendra, au-delà des premières récoltes, de la capacité du projet à mobiliser les investissements nécessaires et à organiser durablement les relations entre producteurs, fournisseurs et industriels. Mitterrand MASAMUNA
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