Nord-Kivu : 12 détenus s’évadent de la prison centrale de Kangbayi à Beni

Une évasion spectaculaire s’est produite dans la nuit du vendredi au samedi 10 octobre à la prison centrale de Kangbayi, dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Selon les premières informations, douze détenus ont réussi à s’évader dans des circonstances qui soulèvent de nombreuses interrogations sur les conditions de sécurité au sein de cet établissement pénitentiaire.
D’après plusieurs sources, l’insuffisance des dispositifs de surveillance nocturne ainsi que le faible effectif des policiers affectés à la garde de la prison figureraient parmi les facteurs ayant facilité cette fuite. Les autorités pénitentiaires et les services de sécurité ont ouvert une enquête afin d’établir les responsabilités et de déterminer avec précision le déroulement des faits.
Parmi les évadés figurent quatre ressortissants ougandais, condamnés pour leur implication dans un braquage bancaire à Beni, ainsi que huit détenus congolais. Cette évasion intervient près de six mois après une précédente tentative attribuée aux mêmes détenus, qui avait été déjouée par les gardiens de la prison.
Selon des sources pénitentiaires, les fugitifs auraient utilisé des lames de scie et divers objets métalliques pour sectionner des dispositifs de sécurité installés dans l’une des toilettes de la prison. Ils auraient ensuite confectionné une corde à l’aide de draps et de couvertures noués, leur permettant de descendre avant de franchir le mur d’enceinte de la maison carcérale.
Alertés après leur fuite, les services de sécurité sont intervenus, mais les détenus avaient déjà quitté les lieux. Toutefois, l’un des évadés a été appréhendé par des jeunes du quartier Kangbayi, qui se sont mobilisés avant de le remettre aux forces de l’ordre.
Les recherches se poursuivent afin de retrouver les autres détenus en cavale. Cette nouvelle évasion remet également au centre du débat la question de la sécurité et de la surpopulation carcérale à la prison centrale de Kangbayi. Conçu pour accueillir environ 250 détenus, l’établissement héberge actuellement 2 286 pensionnaires, dont 89 femmes, soit une population largement supérieure à sa capacité initiale.