Ebola en RDC : l’UNICEF révèle que plus de 1 900 enfants sont devenus orphelins à cause de l’épidémie et vivent dans la précarité

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) révèle que plus de 1 900 enfants sont devenus orphelins ou ont été séparés de leurs parents depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola en mai dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Au 28 septembre, 1 581 enfants concernés avaient été recensés en Ituri et 322 autres au Nord-Kivu. L’agence onusienne estime toutefois que ces données sont probablement sous-estimées, car elles ne couvrent que les zones où elle collabore avec la Division provinciale des affaires sociales (DIVAS).
Cette situation place de nombreux enfants dans une forte précarité familiale et sociale. Au moins 2 076 enfants ont été testés positifs au virus Ebola et 1 162 en sont morts. Chez les moins de cinq ans, le taux de létalité atteint sept sur dix.
« Pour les enfants, Ebola peut déclencher une réaction en chaîne aux conséquences graves », a averti Lucia Elmi, directrice des opérations d’urgence de l’agence onusienne, dans un rapport consulté ce mardi 6 octobre par Yabisonews.cd, au retour d’une visite à Bunia, épicentre de l’épidémie.
La perte ou la séparation d’un parent peut rapidement priver l’enfant de la protection et des soins dont il dépend.
« Un parent tombe malade et l’enfant risque d’être exposé. Ce parent est ensuite hospitalisé ou décède, laissant l’enfant sans la personne dont il dépend, tandis que la peur de la contagion et la stigmatisation dissuadent les proches et les voisins d’intervenir », peut-on lire dans le rapport.
Cette succession d’événements fragilise davantage les enfants déjà confrontés aux conséquences de l’épidémie.
Pour limiter ces risques, l’UNICEF soutient 12 crèches installées à proximité des centres de traitement Ebola en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Ces structures assurent une prise en charge adaptée aux jeunes enfants exposés au virus, non accompagnés ou dont les aidants sont en cours de traitement, tout en permettant une surveillance des symptômes et une orientation rapide vers les soins pédiatriques.
Pour poursuivre ses interventions, l’agence sollicite 113,4 millions de dollars pour la RDC, dont seulement 40,1 millions ont été mobilisés à ce jour.