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RDC : les expulsions américaines mettent l’OIM sous pression

DW Afrique · Jean-Noël Ba-Mweze · 5 octobre 2026 · Source originale

Aux Etats-Unis , la Cour suprême a temporairement autorisé l’administration du président Donald Trump à reprendre les expulsions de migrants vers des pays tiers. Mais, elle doit encore examiner au fond la légalité de cette politique.

Une situation qui relance les interrogations sur le sort des 15 migrants sud-américains expulsés vers la République démocratique du Congo , en avril dernier. Ceux-ci ont finalement quitté la RDC, principalement dans le cadre de retours volontaires vers leurs pays, sans perspective de réintégrer les procédures migratoires américaines.

Le Burundi , voisin de la RDC, vient également d’accepter, fin septembre, d’accueillir des migrants expulsés des Etats-Unis.

Cette augmentation du nombre de pays africains acceptant d’accueillir des migrants expulsés par les Etats-Unis place l’Organisation internationale pour les migrations sous la critique, alors que celle-ci a accepté d’accompagner le processus.

Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty international et HRW, ont accusé l’OIM de contribuer à la politique de renvoi de l’administration Donald Trump.

Le quotidien américain Washington Post a, par ailleurs, affirmé que l’OIM a bénéficié de financements américains pour accompagner ces opérations. L’OIM reconnaît elle-même que ces opérations sont souvent financées par les gouvernements qui ont décidé les expulsions.

L’organisation défend pourtant son rôle. Dans son communiqué du 15 septembre dernier, l’OIM affirme intervenir uniquement après l’arrivée des migrants, à la demande du pays d’accueil et sous certaines garanties.

Elle précise qu’elle ne participe ni aux décisions d’expulsion ni aux déplacements forcés.

Une mise au point qui intervient alors que les quinze migrants du Pérou, de Colombie et de l’Equateur, envoyés en RDC en avril dernier, ont fini par quitter le pays, selon les informations communiquées par les autorités congolaises.

Certains defenseurs des droits humains soulignent les difficultés d’intégration de ces personnes qui sont transportées dans des pays où elles n’ont aucune attache.

"Nous nous posons tous des questions sur la manière dont leur situation va aboutir. Nous pensons que les conditions socio-économiques ne permettent pas une bonne intégration des personnes refoulées vers la RDC. La quinzaine de personnes qui était venue a trouvé d’autres pays, compte tenu des difficultés d’intégration" , explique Venance Kalenga, avocat et expert des droits humains.

L’opposition congolaise, elle, exige plus de clarté et met en garde Kinshasa contre la répétition de cette expérience. Joseph Edeba, président de la Force républicaine du Congo, la FRC, et cadre de la Coalition article 64, la C64, rappelle que la RDC a ses propres urgences et qu’elle ne doit pas devenir le prolongement de la politique migratoire américaine .

" Devenir une terre de relégation humaine, ça, nous ne l’acceptons pas. Avant de gérer les expulsés des autres, occupons-nous d’abord de la souffrance de notre propre peuple" , souligne-t-il, avant d'exiger " de la clarté et de la transparence". Selon lui "lors de la première déportation, les déclarations faites avaient suscité des interrogations sur le véritable statut de ces personnes, la durée de leur séjour et les engagements pris par Kinshasa."

Alors que Washington veut poursuivre les expulsions vers des pays tiers, les autorités congolaises pourraient se heurter de nouveau à une résistance interne en cas d’arrivée de nouveaux demandeurs d’asile.

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