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Un logement décent, un défi pour les déplacés au Cameroun

DW Afrique · Elisabeth Asen · 5 octobre 2026 · Source originale

Victimes des violences armées, des inondations ou des incendies, ces familles tentent de reconstruire leur vie, souvent avec des moyens limités. Retrouver un toit constitue pour elles, une première étape. Mais faut-il encore pouvoir y vivre et rester en sécurité.

À Karmaye, village situé dans le département du Mayo-Danay dans l'Extrême-Nord du Cameroun , non loin de la frontière avec le Tchad , Moussa a appris à reconstruire avec presque rien et à se faire de nouveaux voisins.

Avec sa femme et leurs sept enfants, ils vivent aujourd'hui dans une petite case en terre recouverte de paille et tentent de reprendre une vie normale, loin de Mayo-Moskota, près de la frontière avec le Nigeria.

C'est là que Moussa est né. Et c'est là qu'il a également tout perdu.

"Je vis ici depuis le début de la guerre de Boko Haram " raconte le chef de famille qui précise avoir déjà été dans " deux endroits avant d'arriver ici ". Maintenant, "je vis ici avec ma femme et mes enfants. Je n'ai plus rien".

Il assure avoir " fabriqué deux petites cases comme ça pour rester là…Ma maison avant était quand même grande. Avec ma famille, on était bien. Maintenant, comme je n'ai pas d'argent, je ne peux pas construire. Mais ça va. Ça va aller .”

Pour Moussa, disposer d'un toit représente déjà un premier pas vers la stabilité. Mais ce n'est pas suffisant. Il faut pouvoir dormir sans craindre la pluie, protéger ses enfants et retrouver un peu d'intimité.

"Oui, on veut aussi avoir une grande maison, de bons matelas, des draps… Même si on n'a pas ça ici, ce n'est pas grave. Ce que nous, on veut, c'est la sécurité. On ne veut plus partir encore d'ici pour recommencer. Non !”

L'histoire de Moussa ressemble à celle de nombreuses familles déplacées dans l'Extrême-Nord du Cameroun.Fuyant les violences, les inondations ou les incendies, la plupart arrivent avec quelques effets personnels seulement et doivent tout reconstruire, souvent dans des localités où elles n'avaient jamais envisagé de s'installer. Et même après avoir trouvé un abri, la menace demeure.

À cette fragilité s'ajoutent d'autres risques. À Kolofata, plusieurs incendies ont ravagé des habitations ces derniers mois. Selon le maire de la commune, Boukar Satomi, au moins 3 000 personnes ont ainsi perdu leur logement depuis le début de l'année.

" C'est lamentable!  Il y a le quartier Dabal, le quartier Tribune, Madagascar. Voilà les trois quartiers qui ont été touchés " déplore le maire. Selon lui " les ONG ont répondu massivement avec des couvertures, des bâches… Le recasement a été rapide grâce au soutien intérieur et extérieur et grâce à notre présence aux côtés de ces populations ”

Instituée par les Nations unies, la Journée mondiale de l'habitat est célébrée ce 5 octobre autour du thème "un logement décent pour tous".

Dans l'Extrême-Nord du Cameroun, l'histoire de Moussa rappelle qu'au cœur des crises, un logement est bien plus qu’un simple abri.

C’est un espace où l'on se protège, où l'on retrouve son intimité, où l'on commence, peu à peu, à reconstruire ses liens et se sentir chez soi.

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