Centrale de Kakobola : un marché de maintenance de 7 millions $ six mois après l’inauguration

Six mois après l’inauguration de la centrale hydroélectrique de Kakobola, dans la province du Kwilu, le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité a attribué à Angelique International Limited (AIL) un marché de 7,05 millions de dollars TTC pour des « travaux de service de maintenance » de l’ouvrage.
La décision d’attribution, datée du 24 septembre 2026, fait suite à une offre soumise par l’entreprise en juin et à des discussions contractuelles avec le ministère. La Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP) avait délivré, le 14 septembre, deux avis de non-objection portant respectivement sur le recours au gré à gré et sur le projet de contrat.
Angelique International connaît déjà l’ouvrage pour en avoir assuré la construction. Inaugurée le 23 mars 2026, la centrale de Kakobola comprend trois groupes de 3,5 MW, soit une puissance installée totale de 10,5 MW.
Le ministère évalue à environ 55 millions de dollars le coût de construction de la centrale, auxquels s'ajoutent près de 41 millions de dollars consacrés aux lignes de transport. À titre de comparaison, les 7,05 millions de dollars du nouveau marché équivalent à environ 12,8 % du coût annoncé pour la centrale elle-même, hors lignes de transport.
La décision d'attribution ne détaille pas la nature des opérations couvertes par les 7,05 millions de dollars et ne permet donc pas de déterminer si le contrat porte sur de la maintenance courante, préventive ou sur des interventions techniques plus importantes. Le document ne précise pas non plus la durée du marché ni sa source de financement.
Le recours à Angelique International pour la maintenance s'inscrit dans le schéma d'exploitation présenté par le gouvernement après l'inauguration de Kakobola. Selon les explications données par le ministre des Ressources hydrauliques et de l'Électricité, Aimé Sakombi Molendo, l'entreprise indienne, qui a construit l'ouvrage, devait également intervenir dans sa maintenance.
Hydro-Kwilu devait, pour sa part, intervenir dans l'exploitation de la production et de la distribution, tandis que la Société nationale d'électricité (SNEL) conserverait la responsabilité des lignes de transport. La mise en place de ce dispositif devait se faire après la phase de commissioning, consacrée notamment aux essais et réglages des installations.
La centrale de Kakobola est destinée à contribuer à l'alimentation électrique de Kikwit, Idiofa et Gungu. Plusieurs mois après son inauguration, son exploitation restait toutefois partiel. En juillet, la centrale et les réseaux associés étaient encore présentés comme étant en phase d'essais et de réglages. Une seule machine de 3,5 MW fonctionnait alors alternativement, une situation associée à des perturbations de la desserte dans plusieurs zones alimentées par Kakobola.
La mise en parallèle progressive des groupes devait permettre de porter la puissance utilisée à 7 MW, puis à la capacité installée de 10,5 MW. À ce stade, aucune donnée publique récente ne permet d'établir si les trois groupes fonctionnent désormais simultanément à pleine capacité.
L'attribution du marché de maintenance intervient donc alors que la centrale se trouve encore dans une période relativement récente d'exploitation. En l'absence du contenu technique détaillé du contrat, il n'est toutefois pas possible d'établir si son montant de 7,05 millions de dollars est lié aux difficultés observées pendant la phase de montée en charge ou s'il correspond à un dispositif de maintenance prévu dans le schéma normal d'exploitation de l'ouvrage.