La Russie cible le réseau énergétique en Ukraine, Kiev de nouveau endeuillée

Des attaques de missiles et de drones russes ont visé, dans la nuit de mardi à mercredi 30 septembre 2026, le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d'électricité à Kiev. Sept personnes, dont un enfant, ont été tuées lors de ces attaques, rapportent les autorités du pays.
Pour la première fois depuis l'hiver dernier, la Russie a massivement ciblé les infrastructures énergétiques de la capitale ukrainienne, dans la nuit de mardi 29 à mercredi 30 septembre, faisant plusieurs morts et provoquant des coupures.
Au moins quatre personnes ont été tuées à Kiev et ses environs, dont un enfant retrouvé sous les décombres d'un immeuble, alors que la capitale est devenue ces dernières semaines la cible d'attaques aériennes incessantes, de jour comme de nuit. Trois autres personnes ont été tuées dans le reste du pays, a déclaré le président Volodymyr Zelensky.
Des coupures d'électricité ont été instaurées à Kiev, a annoncé mercredi soir l'opérateur DTEK.
Selon le Premier ministre ukrainien, Serguiï Koretsky, ces frappes marquent le début d'une nouvelle campagne russe contre le secteur énergétique.
"Depuis cet été, il n'y a pratiquement pas eu un seul jour où l'ennemi n'a pas attaqué nos infrastructures énergétiques", a-t-il écrit sur Telegram. "Cependant, une attaque combinée de cette ampleur a lieu pour la première fois depuis la fin de la dernière saison froide."
L'Ukraine craint la répétition du scénario de l'hiver dernier lorsque la Russie avait pilonné les sites énergétiques du pays pour tenter de faire plier Kiev, en proie depuis 2022 à une invasion russe à grande échelle. En début de semaine, Serguiï Koretsky a suggéré aux personnes vulnérables de quitter la capitale avant l'hiver.
Crainte des pannes lors des gelées nocturnes
DTEK a confirmé que le réseau avait été endommagé. La centrale thermique de Trypillia, au sud de Kiev, a également été endommagée lors d'une frappe russe "délibérée", a indiqué Serguiï Isatchenko, le directeur général de la compagnie énergétique Centrenergo.
"C'était prévisible", assure à l'AFP Ivan Danylevytch, un étudiant de 22 ans qui s'attendait à une campagne de frappes contre le secteur énergétique début octobre. "Pourquoi font-ils cela ? Pour effrayer les gens. De la terreur pure."
Alors que Kiev a vécu une nouvelle nuit de sirènes et d'explosions incessantes, Tetiana Ivachtchouk, employée dans l'éducation, ne jure que par une seule chose : "le café". "L'essentiel, c'est de rester calme", ajoute-t-elle. "Nous ne pouvons pas changer ce qui se passe maintenant... Si Dieu le veut, tout ira bien."
Si l'automne est à peine installé, un sujet de conversation domine à Kiev : comment s'organiser avant l'hiver, notamment pour les familles avec enfants, si les bombardements russes réduisent de nouveau à néant le secteur énergétique par des températures glaciales.
D'autant que le service météorologique ukrainien prévoit les premières gelées nocturnes dès jeudi dans de nombreuses régions du pays.
En 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d'arrêt contre des responsables militaires russes, estimant que les attaques contre le réseau énergétique ukrainien pourraient constituer un crime de guerre.
Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir visé des installations électriques assurant "l'approvisionnement en électricité des entreprises du complexe militaro-industriel" de la capitale et de ses environs, ainsi qu'une centrale hydroélectrique et une thermique.
D'après l'armée de l'air ukrainienne, Moscou a notamment eu recours à des missiles balistiques et à des drones à réaction, des armes que Kiev peine à intercepter en raison d'un manque de munitions adaptées.
Volodymyr Zelensky a néanmoins affirmé que la défense aérienne avait réussi à abattre certains missiles balistiques. Il a remercié les alliés de Kiev pour la récente livraison à l'Ukraine de nouveaux moyens de défense antiaérienne.
"Chaque missile intercepteur sauve véritablement des vies. Et plus nous approchons de l'hiver, plus nous avons besoin de cette protection", a-t-il insisté.
Sur le front, les forces ukrainiennes mènent actuellement une contre-offensive dans le secteur de Lyman, dans l'Est. Volodymyr Zelensky a annoncé, mercredi, s'y être rendu et avoir rencontré des soldats.