Vers la fin du désordre dans l'implantation des stations-services à Kinshasa

La ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, s'attaque à la prolifération anarchique des stations-services en République démocratique du Congo, et plus particulièrement à Kinshasa.
Un nouvel arrêté ministériel, salué par les grands acteurs du secteur, vient imposer des règles strictes d'implantation et d'exploitation.
Une réglementation stricte pour assainir le secteur
Face au constat alarmant du non-respect des distances de sécurité, de la cohabitation risquée avec les habitations familiales et d'une concurrence déloyale, le gouvernement et les opérateurs pétroliers ont établi un diagnostic commun sans appel.
Pour mettre fin à ces dérives, le projet d'arrêté ministériel, dont la signature et la mise en application sont prévues dans les prochains jours, impose désormais une condition préalable obligatoire : l'obtention d'une autorisation technique délivrée par l'administration du ministère des Hydrocarbures avant toute nouvelle construction.
Des techniciens du ministère seront ainsi dépêchés sur le terrain afin de vérifier la conformité des projets, notamment en ce qui concerne :
• Les règles de distanciation entre stations ; • La protection de l'environnement ; • La sécurité des zones résidentielles environnantes.
Un accueil enthousiaste des géants du pétrole
Cette initiative gouvernementale a été chaleureusement accueillie par les dirigeants des principales sociétés commerciales pétrolières du pays.
• Cobil SA : M. Placide Mutabunga, directeur général de Cobil SA, a souligné la nécessité de réguler les concessions pour mettre fin aux implantations anarchiques « côte à côte » ou « face à face ». « Une ville moderne a besoin d'une réglementation stricte. L'arrêté est venu au bon moment », a-t-il affirmé.
• Engen RDC : M. Moussa Konaté, directeur général d'Engen RDC, a dénoncé les distorsions deconcurrence où des acteurs investissant près de 2 millions de dollars pour des normes strictes se retrouvaient confrontés à des installations d'à peine 200 000 dollars ne respectant aucune règle. Il estime que cette politique s'inscrit parfaitement dans les standards internationaux.
• TotalEnergies RDC : M. Cheikh Omar Diallo, directeur général de TotalEnergies RDC, y voit quant à lui un « signal fort ». Il a rappelé qu'une station-service stocke des matières dangereuses et requiert un cadre sécurisant pour protéger les investissements et les populations riveraines.
En fixant des critères rigoureux sur la sécurité, l'environnement et l'urbanisme, la ministre d'État Acacia Bandubola Mbongo entend poser les fondations d'un marché pétrolier assaini, équitable et sécurisé pour l'ensemble des citoyens congolais.