Affaire Fally Ipupa–Virginie Manganga : ce que l’avocate de l’artiste dit de l’arrestation de la journaliste

L’affaire opposant Fally Ipupa à Virginie Manganga continue de susciter des réactions. Au centre du dossier, la diffusion sur les réseaux sociaux d’un audio contenant des déclarations concernant la vie privée de l’artiste, attribuées à Collette Tuza, puis relayées et commentées dans différents espaces médiatiques.
Lors d’une rencontre avec la presse, Maître Dorothée Madiya, avocate de Fally Ipupa, a apporté plusieurs précisions sur la démarche judiciaire engagée par son client et sur les suites données à cette affaire.
Selon le conseil, la procédure ne vise pas à permettre aux avocats de décider eux-mêmes de l’arrestation d’une personne. « L’arrestation relève du parquet », a-t-elle précisé, rappelant que les mesures d’arrestation relèvent des organes compétents, notamment le parquet et la police.
Cette précision intervient alors que Virginie Manganga est concernée par la procédure à la suite de la diffusion et de l’amplification de contenus liés aux déclarations de Collette Tuza. Pour Maître Dorothée Madiya, il convient de distinguer clairement la démarche de la partie plaignante des prérogatives qui appartiennent aux autorités judiciaires.
L’avocate a également insisté sur le fait que la saisine de la justice par Fally Ipupa ne constitue pas une volonté d’incriminer qui que ce soit par avance. Il revient au parquet d’examiner les faits, d’établir les responsabilités éventuelles et de prendre les dispositions qu’il estime conformes à la loi.
Sur la question de la procédure, Maître Dorothée Madiya a par ailleurs évoqué la comparution immédiate lorsque les faits sont reconnus ou avoués, conformément aux mécanismes prévus par la procédure pénale.
Au-delà de la procédure, la défense de Fally Ipupa a surtout voulu rappeler un principe : la célébrité ne prive pas une personne de ses droits. Le fait que l’artiste soit une personnalité publique ne signifie pas, selon son conseil, que tout peut être dit ou fait à son encontre.
« Ce n’est pas parce que Fally est Fally, parce qu’il est un artiste et une personnalité publique, qu’il n’a plus de droits et qu’on peut tout faire sur lui, tout dire sur lui ou raconter n’importe quoi à son sujet », a-t-elle soutenu.
Pour l’avocate, l’État a le devoir de protéger les droits de chacun, notamment la dignité humaine, la vie privée et la réputation, indépendamment du statut ou de la notoriété de la personne concernée.
La question de la réparation du préjudice a également été évoquée. La défense estime que l’atteinte à la réputation d’une personnalité comme Fally Ipupa ne peut pas être réduite à une simple évaluation financière. L’enjeu de la démarche judiciaire porte ainsi également sur la reconnaissance et la protection des droits de l’artiste.
Maître Dorothée Madiya a ainsi insisté sur la distinction entre, d’une part, la plainte introduite par Fally Ipupa et, d’autre part, les mesures judiciaires susceptibles d’être prises dans le cadre du dossier. La décision d’arrêter une personne relève des autorités compétentes, notamment du parquet et de la police, et non des avocats de l’artiste.
Le procès de Virginie Manganga a débuté ce mardi au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), où la chroniqueuse comparaît dans le cadre de l’affaire qui l’oppose à l’artiste Fally Ipupa. Elle avait été placée en détention provisoire pour une durée de 15 jours après sa présentation devant le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe.