RDC : vacciner les soignants contre Ebola

En République démocratique du Congo , alors que l’épidémie d’Ebola continue de progresser , touchant désormais une septième province, le Sud-Ubangi, les professionnels de santé restent exposés en première ligne.
Un médecin est ainsi décédé des suites de cette maladie, hier [24.09.26] à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Face à la progression de l’épidémie, qui a fait 3 800 morts, le gouvernement congolais renforce les moyens de la riposte, en misant surtout sur la recherche vaccinale.
La Première ministre Judith Suminwa a indiqué, jeudi à New York, que la RDC avait déjà mobilisé 50 millions de dollars pour la lutte contre l’épidémie d’Ebola, dont trois millions pour la recherche.
Une déclaration survenue en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Les partenaires internationaux ont, quant à eux, annoncé de nouveaux financements.
Sur le terrain, l’épidémie continue de se propager et de faire des victimes. Le Sud-Ubangi est désormais la septième province touchée, alors qu’à Kisangani, un médecin, le docteur Victor Kingombe, est décédé de la maladie. Douze professionnels de santé avaient déjà été infectés dans la Tshopo.
" La maladie est réelle. Voilà un médecin qui était là en train de chercher à sauver des vies, lui-même en a été victime. Il vient de nous quitter. C’est une triste réalité, mais nous l’acceptons comme telle, sachant que c’est Dieu qui est le maître des temps et des circonstances" , regrette Didier Lomoyo Iteku, vice-gouverneur de province de la Tshopo.
Le décès du docteur Victor Kingombe est venu souligner les risques auxquels sont exposés les professionnels de santé dans les zones touchées par l’épidémie d’Ebola.
" Les professionnels de santé sont exposés aux risques de contamination, notamment lors des soins et par des contacts avec le sang et les autres liquides biologiques des patients. Le risque peut également survenir lors de la manipulation des équipements de protection individuelle. A cela s’ajoute l’épuisement physique, le stress psychologique, la stigmatisation et, dans certaines conditions, les réticences ou l’hostilité communautaire ", précise Héritier Guld Amosi, médecin et chercheur en santé publique à Kisangani.
Héritier Guld Amosi insiste aussi sur l’importance de la vaccination des professionnels de santé dans toutes les zones touchées par la maladie.
Une campagne de vaccination est en cours depuis le 19 septembre. Elle cible d’abord les professionnels de santé qui sont en première ligne. La campagne vise à évaluer l’utilisation du vaccin Ervebo contre le virus Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle.